Les religions mensongères

Les religions mensongères

« Opposer au magistère de l’Église un magistère suprême de la conscience, c’est admettre le principe du libre examen, incompatible avec l’économie de la Révélation et de sa transmission dans l’Église, comme avec une conception correcte de la fonction du théologien. » 

Futur Benoît XVI

« J’affirme que la Vérité est un pays sans chemin, et qu’aucune route, aucune religion, aucune secte ne permet de l’atteindre. Tel est mon point de vue, je le maintiens de façon absolue et inconditionnelle. La Vérité étant sans limites, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, ne peut pas être organisée; on ne devrait pas non plus créer d’organisation pour conduire, pousser les gens sur une certaine voie. Dès que vous avez saisi cela, vous réalisez à quel point il est impossible d’organiser une croyance. La croyance est une affaire purement individuelle, on ne peut pas, on ne doit pas l’organiser. Si on le fait, elle meurt, fossilisée; elle n’est plus qu’une croyance, une secte, une religion que l’on impose à d’autres. »

Krishnamurti, « Déclaration de dissolution » de l’Ordre de l’Étoile

La vérité est aisée à énoncer, difficile à entendre : les religions vous mentent

Aucune religion ne désire votre liberté de penser et d’agir, aucune ne désire votre émancipation, aucune ne désire la Démocratie, les Droits humains ou la Liberté de la presse. Toutes désirent votre soumission, toutes usent de vos peurs et de votre ignorance. Toutes sont emplies de mensonges arrogants, toutes détestent les femmes, toutes ont inventé une chute originelle de l’Humanité d’où découle la longue cohorte des illusions. Toutes exigent que vous renonciez à vous-même en échange d’un prétendu Royaume dont elles détiendraient les clefs. Bref, au nom de vérités cent fois révisées, elles prétendent toutes vous apporter le bonheur au Ciel en échange de votre aliénation ici-bas.

Le malade imaginaire

Elles sont le poison inoculé et le prétendu sérum de votre guérison. Elles vous inventent une maladie imaginaire tirée de leurs vieux grimoires. Vous êtes leur fond de commerce : « Venez à moi, pour être sauvés. » Il n’est, en réalité, de plus violent et dangereux mensonge que celui fait au nom des dieux et de votre Salut. Il n’est, en vérité, de plus forte raison d’abandonner une religion pour reprendre enfin votre vie en main. De tout temps, les plus grands auteurs – Camus, Meslier, Nietzsche, Spinoza, Voltaire… – ont su attirer notre attention, au péril de leur vie parfois, selon que la religion était encore au pouvoir ou seulement une idée parmi d’autres. Mais le besoin de croire est si puissant et le marché du religieux si parfaitement ajusté à nos aspirations les plus chères. À commencer par celle d’une vie après la mort.

Confiance en soi, fidélité à soi

Mais il nous faudra comprendre un jour, dans les profondeurs de l’être, que la fidélité à soi doit être notre seule boussole, celle qui ne saurait nous tromper, celle qui fait notre seule vraie grandeur d’âme. Que toute autorité extérieure qui viole notre liberté de conscience est une imposture monstrueuse à rejeter comme telle. C’est que la liberté se conquiert, ne tombe jamais du Ciel. Et, pour tout dire, il faudra encore comprendre qu’aucun dieu ne saurait être à notre image, qu’aucun dieu ne saurait vouloir notre soumission, qu’aucun dieu ne peut vouloir l’abdication de notre conscience et de notre agir, qu’aucun dieu ne peut désirer que nous méprisions le corps au nom de l’esprit. Aucun dieu ne peut vouloir détruire en nous le vivant, le souffle, le tâtonnement, l’authentique et lente connaissance de soi. Aucun dieu ne peut nous menacer sous peine d’enfer, sans nous montrer d’abord avec clarté le seul Chemin censé mener au Paradis ! Pur Dieu anthropomorphique que tout cela, éternelle invention des hommes.

User de sa liberté pour vivre pleinement

Bref, aucun dieu ne peut vouloir détruire l’humain en chemin. Raison nécessaire et suffisante pour rejeter tous les faux dieux inventés depuis la nuit des temps par des usurpateurs religieux. Raison nécessaire et suffisante pour oser vivre en faisant pleinement corps avec soi, en aimant la totalité de notre être. En commençant par ce que nous serions censés rejeter au nom des religieux et de leurs dieux. Parce que vivre pleinement sa vie ne saurait jamais être sanctionné de mort. Que c’est au contraire la plus grande, belle et noble liberté que nous possédions. User de nos talents, déployer notre humanité, découvrir en soi la multitude des possibles. Il n’est pas de plus grand trésor, de plus grande audace, de plus noble chemin.

Délaisser les mensonges des religieux

Et il n’est rien de pire qu’un être enchaîné à ses convictions, incapable de vivre parce que gisent dans ses tréfonds les horreurs mortes de sa religion. Ne plus vivre à genoux, l’échine courbée sous quelque prière suppliante. Vivre enfin debout, maître de soi, de sa vie, de sa destinée. Il n’est rien d’inscrit dans les astres ou dans quelque « savant » grimoire. Tout est inscrit dans le cœur de l’être humain, à mesure de ses connaissances, à mesure qu’il ose s’humaniser dans toutes les fibres de son être. Les religions nous ont trompés un nombre incalculable de fois, se servant des rabbins, des prêtres, des imams, des femmes, des faibles et des fragiles pour asseoir et perpétuer leur pouvoir. Toutes les religions sont heureusement mensongères, voilà la vraie « Bonne Nouvelle »…

Tant de vies sacrifiées au nom d’une « Vérité »

Leur visibilité dans l’espace public, leur nombre de fidèles, leur Promesse ne sont que trompe-l’œil. D’ailleurs, commencez par comparer leurs dires et leur faire. Pris en défaut, elles font alors l’envers de leur prêche : elles cachent, elles mentent, elles menacent. Au mieux, elles contextualisent, réinterprètent les textes, se réforment, enfin contraintes par les coups de boutoir de leurs scandales et de la modernité qu’elles dénonçaient encore la veille. Combien de persécutés, d’excommuniés, d’authentiques chercheurs mis à l’index pour avoir dit la vérité ? Celle-là même que démentait leur Livre « sacré ».

Le mirage de la « vie éternelle » ou l’inversion des valeurs

Au fond, soyons honnêtes et lucides. Nous désirons obtenir, à tout prix, ce que nous n’avons pas et ne pourrons sans doute jamais posséder : la « vie éternelle. » Rien de bien louable, en somme. Les dieux nous sont utiles dans la mesure où ils nous offrent l’immortalité. Alors nous les invoquons et nous nous y soumettons. Aux religieux plus précisément, prétendument médiateurs d’une Promesse de Vie. Voilà bien le premier abus de pouvoir sur les consciences qui entraînera tous les autres. Nous en découvrons chaque jour les fruits amers : de l’emprise religieuse sur les êtres aux guerres faites par les religions au nom du Bien, de l’Amour, du Dieu juste. L’inversion des valeurs est alors en marche : la mort est la vie, pas de plus grand amour que de haïr son prochain, soyez soumis à Dieu et vous vivrez…

Une doctrine éternellement faillible et mensongère

Prenons un exemple récent, prenons le pape François. Adulé par certains fidèles qui y voient enfin un signe de Dieu pour l’Humanité, honni par d’autres qui y voient un dévoiement de la seule et vraie foi catholique d’antan (l’infaillible Doctrine énoncée alors par la « Sacrée congrégation de l’inquisition romaine et universelle »). Il semble progressiste, davantage en accord avec notre temps. Pourtant, rien n’est plus faux, c’est seulement de l’enfumage. Ainsi, en ce XXIième siècle pourtant, ses paroles qui en disent long sur la liberté de conscience des fidèles et leur droit de connaitre la vérité : « Au peuple de Dieu, il faut donner la nourriture solide de la foi, ne pas nourrir le peuple de dieu avec des questions disputées. Que la dimension du relativisme, disons-le ainsi, qui fera toujours partie de la discussion, reste entre les théologiens, mais ne jamais l’apporter au peuple parce qu’alors le peuple perd son orientation et perd la foi. Au peuple, il faut toujours donner la nourriture solide qui alimente la foi. »

Vérité, omerta et totalitarisme

La vérité, c’est qu’il n’est rien de plus liquide et de moins sérieux que la foi. Elle se sera opposée à la raison un nombre incalculable de fois. À chaque fois que l’intelligence venait ébranler les pseudo certitudes divines. En manière telle que la nourriture offerte ainsi au peuple de Dieu n’est qu’une bouillie infecte, un poison destiné à endormir tout esprit critique un tant soit peu éveillé et désireux de comprendre avec honnêteté et lucidité le monde qui l’entoure. L’omerta, face à la réalité empirique, est un grand classique dans la longue et ténébreuse histoire des religions… Le totalitarisme par la force n’étant plus partout possible, il s’exerce désormais au plus intime : dans les cœurs. Viol inadmissible des consciences, une fois encore.

Il était une fable…

Telle est la volonté de tous ces religieux : l’abrutissement du peuple de Dieu. Qu’il demeure seulement dans l’ignorance de ce que doit seul savoir le pouvoir religieux et ses fidèles théologiens. Sans ignorance, plus de soumission. Sans soumission, plus de religion. Sans religion, plus de religieux… Il ne faudrait surtout pas que le peuple des crédules soit intelligent, découvre la supercherie, comprenne que la foi n’était, depuis tant de siècles déjà, qu’un mot sans réalité, une fable. Telle la fable de la grenouille qui, n’y prenant garde, meurt ébouillantée après avoir été plongée dans l’eau froide (du baptême ?) portée progressivement à ébullition. Comme le pauvre croyant indolent, elle ne voit pas le piège se refermer…

Un seul credo !

Si la cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est profonde – la plupart du temps inconsciente, tant les religions ont su s’incruster au plus profond de nos fibres – il faut remonter à sa source. Ne plus seulement voir le doigt menteur, mais regarder en face l’imposteur de nos vies ! Cesser de battre sa coulpe de « pauvre pécheur », en restant sous l’emprise des religieux au nom d’une « promesse de Salut » ! Si nous devons tous affronter la mort, ce n’est plus une raison pour laisser à autrui la direction de notre propre existence. Comme l’énonçait déjà Nietzsche : « J’en arrive à ma conclusion et j’énonce maintenant mon verdict. Je condamne le christianisme, j’élève contre l’Église chrétienne l’accusation la plus terrible qu’accusateur ait jamais prononcée. (…) La corruption de l’Église chrétienne n’a rien épargné, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de toute vérité un mensonge, de toute sincérité une bassesse d’âme. »

Désormais, tel doit être notre credo : je crois en moi !

Pascal HUBERT

The Four Horseman – Hitchens, Dawkins, Dennet, Harris [2007]
Athéisme, Agnosticisme – Croire ou ne pas croire ?

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