Au nom de la foi

Au nom de la foi

« Vous ne vous étiez pas encore cherchés : alors vous m’avez trouvé. Ainsi font tous les croyants ; c’est pourquoi la foi est si peu de chose. »

Nietzsche

Je ne nommerai personne en particulier, d’autant qu’ils sont de moins en moins nombreux. À mesure que la connaissance et le déconditionnement ont pu œuvrer librement. Ils se reconnaîtront sans peine, ce sont les derniers des mohicans. Les croyants qui restent malgré les crimes, l’omerta, la doctrine mortifère de « leur » église.

Ceux-là mêmes qui, parfois, ont subi dans leur chair d’effroyables emprises. Au point d’être à deux doigts du suicide, de croire qu’ils tomberont en enfer s’ils venaient à partir. Parce que jamais à la hauteur d’un idéal, du dogme, d’une morale, de leur « Vocation ». Ceux-là mêmes qui savent, ne peuvent plus ignorer. Mais restent malgré tout, malgré l’ignoble. Malgré le fait que les victimes sont comptées pour rien depuis toujours. Ceux qui se veulent encore fidèles…

« Parce qu’ils ne sont pas coupables, mais seulement victimes. » Mais que s’est-il donc passé, pour en arriver là ? Une fragilité dans l’enfance, des parents catholiques, une rencontre malencontreuse, une expérience forte vécue au plus mal, une JMJ exubérante sous JP II… Un deux fois rien, qui vous embarque soudain dans un mauvais trip, une vocation fantasmée, une autre vie à l’abri d’une humanité déchue. Et voilà que votre vie bascule, dans un monde imaginaire. Une autre vie, au nom de Dieu. Depuis des siècles que l’imposture se perpétue, à l’insu de notre plein gré. 

C’est pour vous, naufragés tantôt du corps, tantôt de l’esprit, tantôt des deux que, ne vous en déplaise, je m’évertue encore à écrire ces mots que je sais insignifiants. Mais, de vous voir rester sous emprise, je le déplore et m’insurge. D’autant que je connais chaque stade du conditionnement, chaque résistance pour le remettre en cause. Rien de divin pourtant derrière tout cela, juste un profond mal-être, une incapacité à penser par soi-même. Nous serions nés ailleurs, à une autre époque et nous penserions autrement. C’est aussi simple, et terrible que cela. Au fond, tout ce système de croyance que vous refusez d’abandonner ne tient qu’à un fil, un mensonge.

Aussi, le plus dramatique, après toutes ces souffrances séculaires vécues au nom de l’Église, c’est bien de demeurer encore en son sein. Ce faisant, vous la légitimez, vous la perpétuez, vous gardez intact ce lien mortifère. Au lieu d’aider les fidèles à rompre enfin avec l’imposture, le crime, l’omerta, l’illusion dangereuse. Vous confortez ainsi toutes les victimes à rester, ces victimes sacrifiées que l’Église n’aime jamais autant que lorsqu’elles demeurent en son « sein maternel »…

J’entrevois donc une autre vérité, plus triviale et moins avouable. Vous n’avez que faire de la liberté, vous désirez la « vie éternelle ». Aussi, même abusés et démolis par des années d’emprise, vous pensez encore « tomber en enfer » si vous deviez, cette fois, abandonner l’Église elle-même. C’est dire que la fidélité à soi n’a décidément rien à voir avec la prétendue fidélité à Dieu.

Laissez-moi vous le dire amicalement, la question n’est pas de savoir si vous êtes coupables. Bien sûr que non. Personne n’est coupable d’avoir été abusé. Mais la seule question qu’il faut vous poser est la suivante : allez-vous encore longtemps rester sous l’emprise d’une Église qui, siècle après siècle, aura permis les crimes que vous dénoncez si justement ? Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.

Pascal HUBERT

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6 réponses sur « Au nom de la foi »

    1. Oui, c’est cela. Les croyants cherchent à obtenir, à tout prix, ce qu’ils n’ont pas et ne peut dépendre d’eux : la vie éternelle. Alors, ils invoquent les dieux et s’y soumettent. Plus exactement aux religieux, qui seraient ces fameux médiateurs de la Promesse de Vie. Et nous voilà dépossédés de ce qui devrait constituer notre être profond : notre liberté de penser et d’agir. C’est notre être vital qui est colonisé par une autorité extérieure à soi, prétendument divine. Bref, un abus de pouvoir sur les consciences. Et nous en voyons chaque jour les dégâts.

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  1. Tu vois, moi je pense qu’il s’agit plutôt de religion que de foi.
    La foi pour moi est indépendante de toute religion.
    Elle est vécue y compris par des non croyants.
    Et elle est féconde en réalisations de toutes sortes.
    Avoir la foi, c’est se donner des ailes pour la mise en oeuvre d’un projet, d’une relation, du moindre geste posé. La foi te donne l’énergie et l’intention et l’attention pour réussir quelles que soient les difficultés, quels que soient les obstacles. Tu peux le vérifier pour n’importe quoi.
    Quand tu crois en toi, en quelque chose, en quelqu’un, ça marche. Et ça diffuse une énergie positive, une stimulation autour de toi et en toi. Et ça t’apporte un contentement aussi, un bien-être et ça en diffuse aussi autour de toi.

    La croyance religieuse est autre chose.
    Et je ne crois pas que ce soit la vie éternelle qui préoccupe les gens religieux.
    C’est surtout de correspondre à un profil décrit comme idéal par le clergé de leur religion.
    C’est de rentrer dans un moule qui socialement les valorise aux yeux des autres et à leurs propres yeux. Comme s’ils n’avaient pas de valeur intrinsèque.
    Pour moi c’est une fuite d’eux-mêmes, de leur intériorité, de leur base spirituelle pour se soumettre à une domination extérieure.

    Je ne sais pas si tu as remarqué à quel point notre monde occidental fuit l’intériorité. Comme si c’était un espace dangereux. Or, c’est justement dans cette intériorité que tout l’équilibre humain et le meilleur peuvent se faire.
    C’est la déconnexion d’avec notre intériorité qui permet le fascisme, le racisme, la violence, les peurs, l’exploitation, les abus sous toutes leurs formes.

    A partir du moment où tu t’acceptes dans ton intégralité physique, psychique, affective, relationnelle, spirituelle, où tu cultives cet espace intérieur et tu nourris (ce qui pour moi s’appelle la prière et qui peut prendre plein de formes différentes), tu peux interagir avec les autres beaucoup plus sereinement, pacifiquement et positivement.

    Ce n’est surtout pas ce que t’apprennent ni l’école, ni l’éducation familiale, ni la société, ni les religions qui te fabriquent de faux besoins, de fausses valeurs, sont dans la rentabilité de tout et tous, qui te culpabilisent de tout ce que tu es, vis à vis de tout ce que tu fais. Qui veulent un formatage, une uniformisation toujours dans le sens de la dépendance, de l’humiliation, de la peur, de la culpabilité, de la soumission. L’épanouissement de chacun n’est surtout pas leur but. Alors que ça devrait être une base incontournable.

    Dieu n’est pas dans ces comportements et ces logiques mortifères. Personnellement Dieu tel que je le connais est présent dans la foi mais pas dans la religion ni dans les systèmes de formatage de l’individu.

    C’est pourquoi les croyants religieux croient davantage dans les clergés qu’en Dieu, en réalité.

    Parce que s’ils croyaient véritablement en Dieu, ils croiraient en eux-mêmes et dans autrui.
    Ce qui générerait une énergie positive en eux et autour d’eux.
    Ils comprendraient que la foi n’est pas attachée à des sacrements, à un pedigree, des rituels mais à une considération de son intériorité qui de facto, permet une considération d’autrui et de son environnement pour créer une unité d’amour, de paix, d’harmonie tous ensemble.

    Et là, on serait vraiment dans le règne de Dieu.
    Or, ce que t’apprennent la plupart des religions, comme des pouvoirs politiques, économiques, c’est que tu n’as pas de valeur et que ton intériorité est quelque chose de moche, dont il faut se méfier, que tu dois mettre à distance, domestiquer, contrôler, opprimer pour véritablement être digne de pouvoir être accepté et même te considérer comme acceptable humainement parlant.

    Va te construire un équilibre avec ces genres d’injonctions négatives, va construire des relations positives et constructive avec les autres avec de pareils systèmes…et tu comprends pourquoi tellement de gens vont mal…alors qu’ils pourraient aller bien.

    Chacun a des trésors en lui, en elle. Des trésors uniques que n’auront jamais les autres. Pourquoi ne pas s’y pencher, les développer et ensuite les partager aux autres? C’est le moment, non?

    Le bon côté du confinement, c’est que les gens sont obligés de faire non plus selon ce que la société leur dicte (ou très peu de choses), mais d’accorder de l’importance à leur intériorité. De travailler avec, de s’appuyer sur leur richesse intérieure. Même si c’est déphasant pour la plupart d’entre nous, je pense que c’est vraiment très positif pour reprendre contact avec soi et de comprendre que se fier à sa petite voix intérieure, cultiver cet espace, permet de se vivre mieux avec le reste du monde.

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