Je t'aime liberté !

Je t’aime liberté

Je t’aime liberté. Comme un fou, dans la nuit je t’ai cherché. J’ai dérivé tel un bois mort. Traînant ma lancinante mélancolie, mon impossibilité de vivre. Je ne savais rien de l’existence, de toi moins encore.

Je t’aime liberté. Au Royaume des morts, tous les mots étaient mensongers. Ils avaient perdu toute chair, toute lumière, tout désir. Ils étaient aussi vides que moi. Creux, traînant leur mortel ennui. Vivre était aussi pesant qu’une chape de plomb sur le cœur. J’étouffais, en silence.

Je t’aime liberté. Si tu savais, comme écrire ces mots me fait du bien. Ces mots fous, transparents, inespérés qui se refusaient à moi. Tout va bien, tout va bien. Je dérive mère. Mais tu ne vois rien. Tu me mens, je finirai par me mentir. Tout va bien, je suis mort. La sève m’a quittée, désormais je crève à petit feu. Je suis ce bois mort, insignifiant. Sans désir, et sans identité. Je ne suis personne, je suis perdu.

Je t’aime liberté. Après la solitude à en mourir, l’effroyable confusion à en perdre la raison. Après l’interminable érosion, la mise à nu de mes illusions, l’impossible remontée. Si tu savais comme je me suis noyé dans le désir des autres, comme j’ai cherché mon chemin à en perdre haleine. Je me trouvais si loin dans ma nuit, que je désespérais d’en sortir un jour.

Si tu savais comme je t’aime liberté. J’ai retrouvé les mots, le désir, mon identité véritable. J’ai hissé la grand-voile, coupé les liens mortifères. J’ai repris vie, le souffle qui me manquait. La vie coule dans mes veines. Je n’ai plus cette peur, ni de moi ni des autres. Moi le mutique, moi le paralysé, j’ai retrouvé les mots, la parole. J’ai retrouvé foi en la vie !

Du fond de ma nuit, je sais maintenant que c’est toi que je cherchais. Avec toi, j’oserai l’audace, le désir, les sentiers hors-chemin, le vent fou dans les voiles. Après les noires ténèbres, j’écrirai la vie.

Je te dois la vie, LIBERTÉ !

Te amo libertad !!

Te amo libertad : Como loco en la noche, te busqué. Me fui a la deriva tal una madera muerta, arrastrando mi palpitante melancolía, mi imposibilidad de vivir. No sabía nada de la existencia, menos aún de ti.

Te amo libertad : En el « Reino de los Muertos », todas las palabras eran falsas : habían perdido toda carne, toda luz, todo deseo. Estaban tan vacías como yo. Huecas, arrastrando su aburrimiento mortal. Vivir era tan pesado en ellas,como una chapa de plomo en el corazón. Me estaba ahogando en silencio.

Te amo libertad : Si supieras cómo el hecho de escribir estas palabras nuevas me sienta bien !!  Estas palabras locas, transparentes e inesperadas que se negaban a entrar en mí.

« Todo está bien, todo está siempre bien : pero estoy a la deriva, Madre. Y no ves nada. ¡Me estás mintiendo y terminaré mintiéndome a mí mismo! Todo está bien pero estoy muerto… La savia me ha dejado y me estoy muriendo lentamente. Soy esta madera muerta, insignificante. Sin deseo ni identidad, no soy nadie, estoy perdido. »

Te amo libertad : ¡Después de una soledad de muerte, la terrible confusión que llevaba a perder la razón! Después de la interminable erosión de mi esencia, mis ilusiones desnudadas, una remontada imposible… Si supieras cómo me ahogué en el deseo de los demás y cómo buscaba un camino propio hasta perder el aliento…  ¡Estaba tan lejos en mi noche oscura que desesperaba de salir algún día a la luz !

Si supieras cuánto te amo, Libertad !!  Encontré al fin las palabras, el deseo y mi verdadera identidad. Levanté la vela mayor, pude cortar los lazos mortales. Volví a la Vida, recogi el aliento perdido. La Vida fluye por mis venas, de nuevo.  Ya no me temo a mí mismo ni a los demás. Yo, desde la parálisis, desde el mutismo, pude encontrar nuevamente mi voz y las palabras. ¡Recuperé mi fe perdida en la vida !  Desde lo más profundo de mi noche oscura, sé ahora que te buscaba a tí. Contigo, me atreveré con la audacia, con el deseo, con los senderos infranqueables, con el viento indomable en las velas. Después de las tinieblas, escribiré La Vida…  ¡

Te debo mi vida, LIBERTAD !

Pascal Hubert (escritor belga)

Texte aimablement traduit par Victor Khagan, auteur de romans, nouvelles, poésies et essais « Rebelles homéostasiques ». http://www.monpetitediteur.com

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ou à m’écrire à deviens.ce.que.tu.es333@gmail.com

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