L’Étrange Cas du docteur Joyeux et de M. Fourtillan

L’Étrange Cas du docteur Joyeux et de M. Fourtillan

Il est des savants fous, mais pas que dans notre imaginaire. Ainsi de ces essais cliniques contre la maladie d’Alzeimer et de Parkinson, entrepris par le très catholique professeur de médecine Henri Joyeux, à l’aide du Fonds Josepha, lui aussi très catholique, du nom de sœur Josefa Menéndez, décédée en 1923 à Poitiers. Le tout dans une abbaye de moniales de Sainte-Croix de Poitiers, à Saint-Benoît (Vienne). Il est des réalités qui dépassent, de très loin, le Da Vinci Code.

Décodons l’incroyable histoire. Ce que l’on sait de l’essai clinique clandestin pratiqué sur des centaines de malades et interdit par l’Agence du médicament (ANSM) : les patients contactés pour ces tests devaient faire un don à la Fondation, arrêter leur traitement habituel et promettre de ne rien divulguer à leur neurologue. Un modus operandi on ne peut plus scientifique.

C’est un neurologue, le professeur Philippe Damier, président du comité scientifique de France Parkinson, qui a lancé l’alerte. Il y a deux ans, il entend parler des travaux du professeur Henri Joyeux, vice-président du Fonds Josefa, déjà connu pour ses positions controversées anti-vaccins.

Ainsi, l’expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules. Appelées « valentonine » et « 6-méthoxy-harmalan », elles pourraient selon Henri Joyeux traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil…). Sur le site internet du Fonds Josefa, son fondateur, le professeur Jean-Bernard Fourtillan, revendique la découverte de la « valentonine », supposée « protéger notre organisme et assurer la régulation des vies psychique et végétative ».

Au moment de la publication de ses pétitions sur les vaccins, la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine, avait déjà fustigé ce « médecin qui s’est déclaré contre la pilule, contre l’avortement, qui a pris des positions rétrogrades sur toute une série de sujets ». De son côté, le Fonds Josefa se présente, sur son site internet, comme « un fonds de dotation à but non lucratif », auquel « ont été cédés (…) les droits de propriété intellectuelle des brevets de médicaments » basés sur les molécules testées lors de l’essai illégal.

« Les professeurs Jean-Bernard Fourtillan et Henri Joyeux ont décidé d’unir leurs efforts, pour faire connaître au grand public, en même temps qu’aux professionnels de la santé et aux chercheurs, cette découverte essentielle, et les médicaments (patchs transdermiques), en cours de préparation, qui en découlent », indique encore le site internet.

De son côté, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a reçu « trois signalements, entre novembre 2018 et février 2019 ». « Trois soirées, sur trois lieux différents » ont été organisées « pour des professionnels de santé » susceptibles d’avoir dans leur patientèle des personnes atteintes des maladies neurologiques concernées. Pour ces patients, « des patchs circulaient sous le manteau, vendus au prix de 1.500 euros », a déclaré Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes.

Le Parquet est désormais saisi d’une plainte contre ces faux marchands d’espoir et leur « traitement miracle ». Mener un essai clinique sans autorisation est passible de 35.000 euros d’amende et d’un an de prison. Sous le vénérable catholique se cacherait-il un nouvel imposteur ? Le Pr Fourtillan, lui, raconte, sur le site Fonds Josefa, avoir eu, grâce à Dieu et à sa dévotion, une illumination qui lui a fait comprendre l’importance des systèmes veille-sommeil, dans la maladie dégénérative.

Il est, décidément, des voix impénétrables qui vous font perdre la raison. Et, une fois encore, des charlatans qui trompent le chaland de bonne foi. Les escrocs ont toujours eu la dent longue, et la conscience entremêlée de foi et de mensonges. Le malheur des gens se transforme, trop souvent, en abus de confiance. Il est décidément des patchs qui rendent aveugles, et feront encore la « Une » de nos crédulités millénaires.

Et, dans toute cette folle histoire, j’en oubliais nos bons Évêques. D’ordinaires si prompts à dénoncer les dérives de notre société immorale et consumériste, où sont-ils donc passés ? Seraient-ils tous trop occupés à dénoncer la PMA, qu’ils en oublieraient les graves dérives commises en leur sein par ces bons catholiques ? N’auraient-ils donc tiré aucune leçon du passé, de leur silence complice ?

Pascal HUBERT

 

L’arnaque, c’est par ici…

 

 

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