Vincent Lambert : l’histoire d’une longue croisade

Vincent Lambert : l’histoire d’une longue croisade

« Vincent veut me faire promettre que si quelque chose lui arrive, je ferai ce qu’il faut pour qu’il parte. »

Rachel Lambert, épouse de Vincent

 

Voilà déjà un certain temps que, parmi tant d’autres, je suis les derniers soubresauts de cette longue « saga familiale » qui n’en finit pas. À vrai dire, je ne sais trop par quel bout prendre cette histoire tragique qui remonte déjà à plus de dix ans. Lorsque Vincent Lambert, alors infirmier en psychiatrie, âgé de 32 ans, fut victime d’un terrible accident de la route, en 1998, et se retrouva plongé dans un état de conscience minimal – dit « pauci-relationnel » – puis dans un état végétatif chronique irréversible.

Envers et contre tous… ou presque

Pour s’opposer à l’arrêt des soins, les parents de Vincent Lambert ont tout tenté. Depuis le dépôt de « plainte contre X pour tentative d’assassinat » après la première décision, prise par l’équipe médicale, de suspendre l’alimentation de leur fils en avril 2013 (ils seront alors déboutés). Avec l’accord pourtant de Rachel, épouse et tutrice légale de Vincent Lambert, et de celui-ci, dont la volonté ne faisait aucun doute avant que ne survienne l’accident, et qu’il ne soit désormais réduit au silence…

Les plus hautes juridictions, le Conseil d’État français (le 24 juin 2014) [1] et la Cour européenne des droits de l’homme (le 5 juin 2015, en « grande chambre ») [2], auront également à connaître de cette affaire et ne trouveront aucune atteinte aux droits fondamentaux de Vincent Lambert. D’autres actions suivront pourtant, amenant le Conseil d’État (24 avril 2019) [3] et la Cour européenne des droits de l’homme (30 avril 2019) [4] à débouter à nouveau les parents.

Mais, qu’à cela ne tienne : contre toute attente, après que le médecin traitant de Vincent Lambert ait annoncé à sa famille « l’arrêt des traitements », accompagnés d’une « sédation profonde et continue » à partir du 20 mai 2019, la Cour d’appel de Paris ordonna, le même jour, la reprise de l’hydratation et la nutrition de Vincent Lambert, en attendant que le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), dépendant de l’ONU, se prononce sur le fond de l’affaire (dans un avis non contraignant, celui-ci avait demandé le 3 mai à l’État français de veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ne soient pas interrompues, en attendant d’examiner cette affaire sur le fond).

Il nous faut encore faire état d’un énième rebondissement, survenu le 20 mai 2019 également. Les parents ont assigné devant le tribunal correctionnel le CHU de Reims et le docteur Sanchez, en charge de leur fils, pour « non-assistance à personne en péril ».

Selon Maître Paillot, l’un des deux avocats, « il s’agit de faire valoir que le médecin et l’hôpital, en décidant d’arrêter d’hydrater et d’alimenter Vincent Lambert malgré les mesures provisoires formulées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU, agissaient en dehors du droit [5]. » La demande porte également sur le transfert de Vincent Lambert dans un établissement spécialisé.

Le gouvernement français s’est pourvu en cassation ce 31 mai [6] et, par un arrêt rendu en assemblée plénière, le 28 juin [7], la haute juridiction, sur avis conforme du Procureur général [8], a autorisé un nouvel arrêt des traitements, estimant le juge judiciaire incompétent, en l’absence de voie de fait.

Les avocats des parents de Vincent Lambert, eux, menaçaient à nouveau de porter plainte pour « meurtre avec préméditation » [9] contre le médecin qui ordonnerait un arrêt des traitements…

Épilogue d’une interminable bataille religieuse, juridique, politique et médiatique 

La sonde par laquelle il était nourri et hydraté ayant été retirée il y a neuf jours, Vincent Lambert est, finalement, décédé ce 11 juillet 2019. Le procureur de la République a alors décidé d’autopsier le corps de Vincent Lambert et d’auditionner son épouse, suite à la plainte des parents Lambert… Deux médecins légistes ont donc procédé à l’autopsie, avant de restituer le corps à l’épouse.

Les avocats des parents dénoncent un « crime d’État » : « Vincent est mort, tué par raison d’État et par un médecin qui a renoncé à son serment d’Hippocrate, ont-ils tweetéL’heure est au deuil et au recueillementIl est aussi à la méditation de ce crime d’État. » 

Le Pape et les Évêques français ne sont pas en reste. Ils ont également tenu à réagir, dès le 11 juillet. Ainsi, dans un bref communiqué, le Pape a exprimé sa douleur, rappelant que « Dieu est l’unique maître de la vie du début jusqu’à sa fin naturelle et nous avons le devoir de toujours la protéger et de ne pas céder à la culture du déchet ». Les membres de l’Académie pontificale pour la vie ainsi que son président, Mgr Vincenzo Paglia, se sont également exprimés sur Twitter. Ils assurent de leur prière la famille de Vincent Lambert, les médecins, et toutes les personnes impliquées dans cette affaire. « La mort de Vincent Lambert et son histoire sont une défaite pour notre humanité», peut-on lire. Parmi d’autres encore, le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, dit prier «en ce triste jour, pour le repos éternel de l’âme de Vincent Lambert, mort en martyr, victime de la folie effrayante des hommes de notre temps ». Il prie pour sa famille et en particulier pour ses parents, « si courageux, si dignes ». « N’ayons pas peur. Dieu veille ». « Il n’y a aujourd’hui que le recueillement et la prière », a écrit sur Twitter Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, qualifiant la fin de Vincent  Lambert de « martyre » et de « meurtre ». Pour Mgr Matthieu Rougé, Évêques de Nanterre, « La culture de mort ne peut pas avoir le dernier mot », appelant « toute notre société à s’interroger sur le respect et l’accompagnement des personnes gravement fragilisées ». Ainsi, pour le pape et les évêques français, tristesse et prière après la mort de Vincent Lambert…

De son côté, l’épouse de Vincent Lambert, est « abattue » par des « années de procédure », « d’acharnement thérapeutique » et de « lutte » pour faire entendre « les volontés de son époux », a annoncé son avocate Me Sara Nourdin.

Mais, le souhait de Vincent Lambert, la douleur de son épouse, l’incompréhension de leur petite fille, prise malgré elle dans ce tourbillon infernal, ainsi que du neveu François et de six frères et sœurs ne sont pas au centre des pieuses préoccupations des « défenseurs de la vie ». Sont seuls dignes de considération, celles et ceux qui rappellent la doctrine intangible de l’Église et, par là même, la volonté présumée de Dieu.

Après une interminable bataille, les obsèques religieuses ont finalement eu lieu ce 13 juillet, en l’église Saint-Dagobert, en Meurthe-et-Moselle, dans « l’intimité familiale » et en présence de tous les membres de la famille.

Laïcité et liberté de conscience versus intégrisme religieux

Derrière ce battage médiatique qui se termine et devant cet acharnement « pro-vie », je me suis dit que, comme souvent, il fallait en revenir aux fondamentaux, à savoir : que se cache-t-il, en vérité, derrière ce refus obstiné de laisser mourir Vincent Lambert dans la dignité, malgré la loi dite Leonetti qui, en France et depuis 2005 déjà, balise la fin de vie, en voulant éviter « l’obstination déraisonnable » du corps médical et la « prolongation artificielle de la vie » du patient (articles 1er et 9 de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie).

Eh bien, derrière cet acharnement des parents et de leurs avocats, se cache une poignée d’intégristes religieux desquels Vincent Lambert avait précisément souhaité se distancier. Ainsi que l’immixtion inappropriée de l’Église catholique dans le fonctionnement des institutions démocratiques, en particulier du pouvoir judiciaire.

Petit retour en arrière. Vincent Lambert est envoyé à 12 ans dans un établissement de l’Aude de la Fraternité Saint-Pie X, communauté intégriste proche de l’extrême droite fondée par Mgr Lefebvre. Il est alors renvoyé pour son « esprit rebelle » et ne cessera, par la suite, de prendre ses distances avec l’idéologie de ses parents.

Pour mémoire, la Fraternité Saint-Pie X avait perdu la reconnaissance de l’Église catholique en 1975, avant de s’en rapprocher dans les années 2000 : le pape Benoit XVI avait, à l’époque, levé en 2009 les excommunications pesant sur quatre évêques de la Fraternité…

Dans leur croisade, le couple Lambert est également soutenu, à concurrence de 100.000 euros par an, par la fondation Jérôme-Lejeune, une association « pro-vie » (d’utilité publique !) opposée à l’avortement et à l’euthanasie (créée en 1995, après la mort du professeur Jérôme Lejeune, ami proche de Jean-Paul II). Mais également par Isabelle Muller, une proche de l’Opus Dei, le mouvement catholique intégriste Civitas (qui se dit « engagé dans l’instauration de la royauté sociale du Christ ») ou encore des militants ayant participé à la Marche pour la vie, rendez-vous annuel des opposants à l’avortement ou la PMA, parmi lesquels l’Alliance Vita. Ils peuvent encore compter sur le soutien de blogs radicaux comme Riposte catholique (site de « réinformation catholique au quotidien », farouchement opposé à l’avortement, ou même à la loi Leonetti, qualifiée de loi d’euthanasie) ou le Salon Beige (Blog quotidien d’actualité par des laïcs catholiques). Le site JesoutiensVincent.com relaie d’ailleurs toutes les actions militantes des soutiens des parents Lambert.

Sans oublier, évidemment, leurs deux avocats, Jérôme Triomphe et Jean Paillot, tous deux connus pour leur proximité avec les milieux traditionnels catholiques. Le premier s’est surtout fait remarquer en défendant des militants de la Manif pour tous dans leur combat contre le mariage homosexuel. Il défend également Civitas ou encore le journal d’extrême droite Minute et est proche de l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif), une organisation d’extrême droite. Celui-là même qui affirmera sur Radio Courtoisie : « C’est la première fois depuis 1981 qu’un avocat plaide pour un condamné à mort, pour l’instant les autorités religieuses ne sont pas intervenues, honte à elles, elles devront en rendre compte devant le Tout-Puissant [10]. » Le second ne sera pas en reste, au moment de prendre le micro devant les foules : «Nous ne nous résignons pas à admettre que Vincent soit assassiné froidement », déclarera-t-il à la veille de la reprise du traitement de Vincent Lambert. Avant d’asséner : « Nous n’acceptons pas le crime d’État que la France est en train de commettre [10]. »

Au fond, me suis-je dit, l’enjeu pour l’Église catholique – et ses plus zélés serviteurs – n’a jamais été le bien-être de la personne. Seulement le rappel de la « sainte doctrine » et de votre péché. En effet, qu’a-t-on vu ? Le viol est moins grave que l’avortement. La contraception plus grave que la propagation du sida. Les victimes des clercs pédophiles moins importantes que la réputation de l’Église catholique. Dans cet ordre d’idée, et fort logiquement, la « vie sacrée » est absolutisée et devient plus importante que la vie végétative que Vincent Lambert aura traversée durant dix longues années.

Mais, derrière la belle façade, restons lucides et vigilants, et n’oublions jamais une chose : les plus intransigeants avec la « loi divine » sont souvent les premiers à l’enfreindre. C’est ainsi qu’entre les principes intangibles et la réalité, il y a « Sodoma » et l’hypocrisie des religieux les plus conservateurs. Du bas de la hiérarchie au plus haut sommet. C’est qu’ils savent faire peser de lourds fardeaux qu’ils évitent de remuer du petit doigt.

Et comme le rappelait très justement le président de la « Parole Libérée », François Devaux, au sujet du scandale de la pédophilie dans l’Église catholique : « S’il y a bien une définition du pharisaïsme, je pense que l’Église en est l’incarnation. On parle de couverture de crimes dans des proportions abyssales. Il n’y a pas un pays dans lequel l’Église catholique est implantée qui n’est pas concerné par des faits de pédophilie, qui sont abjects. On a détruit des documents pour cacher des preuves de gamins qui ont été violés. Quelle autre institution a fait ça ? Même dans la mafia, il y a un code éthique. » Et de poursuivre : « Effectivement, on peut se demander comment une institution qui a des positions plutôt conservatrices sur la sexualité, sur le péché et les pensées impures, qui excommunie des divorcés remariés, peut en même temps avoir couvert des hommes d’Église qui ont violé des enfants.« 

Bref, l’Église catholique est bien mal placée pour donner des leçons de morale, et de « vie sacrée ».

Petit rappel doctrinal : la Bible et la Tradition comme armes de « reconquista » ?

Tirons au clair un point essentiel. S’agit-il, en l’espèce, d’une affaire aux relents intégristes ou, au contraire, du respect d’une foi catholique on ne peut plus « orthodoxe » ?

Selon le Magistère de l’Église catholique, le retrait de l’alimentation et de l’hydratation, que celles-ci soient naturelles ou artificielles, constitue une euthanasie par omission, c’est-à-dire, selon la définition de l’euthanasie donnée par le pape Jean-Paul II dans son encyclique Evangelium Vitae (25 mars 1995) : « une action ou une omission qui, par elle-même et par intention, cause la mort, dans le but d’éliminer toute souffrance » (n° 65). Dans la même Lettre encyclique, le pape Jean-Paul II a précisé que « cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite » (n° 65).

La Congrégation pour la Doctrine de la foi, en réponse à deux questions concernant l’administration de nourriture et d’eau à une personne dans ce qu’on appelle « un état végétatif » (1er août 2007), a donné une interprétation de la loi naturelle s’appliquant à ces cas qui fait autorité : « Un patient en “état végétatif permanent” est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles. »

Jean Paul II a illustré l’enseignement sur le devoir moral de fournir « les soins normaux dus au malade dans des cas semblables », ce qui inclut la nutrition et l’hydratation, dans son discours aux médecins catholiques concernant les soins de ceux qui sont dits dans « un état végétatif » (20 mars 2004). Il a déclaré : « En particulier, je voudrais souligner que l’administration d’eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de maintien de la vie, et non pas un acte médical. Son utilisation devra donc être considérée, en règle générale, comme ordinaire et proportionnée, et, en tant que telle, moralement obligatoire, dans la mesure où elle atteint sa finalité propre, et jusqu’à ce qu’elle le démontre, ce qui, en l’espèce, consiste à procurer une nourriture au patient et à alléger ses souffrances… L’évaluation des probabilités, fondée sur les maigres espérances de reprise lorsque l’état végétatif se prolonge au-delà d’un an, ne peut justifier éthiquement l’abandon ou l’interruption des soins de base au patient, y compris l’alimentation et l’hydratation » (n° 4).

Dans son discours aux médecins catholiques du 20 mars 2004, il rappelle également le principe moral suivant : « D’ailleurs, on reconnaît le principe moral selon lequel même le simple soupçon d’être en présence d’une personne vivante entraîne, dès lors, l’obligation de son plein respect et de l’abstention de toute action visant à anticiper sa mort » (n° 4).

Pour l’Église catholique, seul Dieu est donc maître de la vie : c’est lui qui la donne, c’est lui qui la reprend (« Tu ne tueras point », selon le sixième commandement). Ainsi, le 18 avril 2018, à la fin de son audience générale du mercredi, le pape François avait déjà publiquement lancé un appel pour « attirer l’attention » sur le cas de Vincent Lambert : « Je voudrais redire et fortement confirmer que l’unique maître de la vie, depuis le commencement jusqu’à la fin naturelle, c’est Dieu ! Et notre devoir, notre devoir est de tout faire pour protéger la vie”. Allant jusqu’à twitter récemment : “Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet.”

Pour Monseigneur Aupetit, nous serions aujourd’hui face à « un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien  ; soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour [11] ».

Parmi d’autres propos choquants, retenons encore ceux du Cardinal Sarah, pour qui « l’euthanasie est un suicide par procuration et une mise à mort légale. Elle devient pour certains une forme de thérapie. Le corps médical n’est-il plus exclusivement au service de la vie ? Peut-il devenir l’exécuteur de la mort ? Doit-on craindre un médecin comme un bourreau ?»

Comme à l’ordinaire, l’être humain est dépossédé de sa liberté de conscience, de son droit de choisir le moment de sa mort au nom de l’absolu de la vie, faisant fi au passage de la complexité des situations et de la souffrance (rédemptrice ?) qu’elles peuvent engendrer.

Ceci, une fois encore, permet de mieux comprendre pourquoi le Vatican n’a pas eu un mot de compassion pour l’interminable vie végétative de Vincent Lambert, pour sa femme qui endure l’insupportable, pour leur fille de dix ans, pour le déchirement de toute une famille au nom d’une religion intégriste. Alors que le Pape aurait pu calmer les ardeurs tardives de la mère pour son fils, éviter l’instrumentalisation d’un drame humain, il a préféré, avec les prélats les plus conservateurs de l’Église catholique, dénoncer « la grave violation de la dignité de la personne que comporte l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation».

Propos d’autant plus surprenant que le pape François avait adressé un message en novembre 2017 à la World Medical Association, qui semblait prendre le contre-pied : « Le danger existe de se concentrer sur les fonctions vitales à prolonger, en poursuivant des objectifs partiels, en perdant de vue le bien intégral de la personne : cela s’appelle l’acharnement thérapeutique [12]. »

En réalité, l’attitude récurrente de l’Église catholique s’enracine dans la philosophie païenne, qui disait justement que Zeus décide la vie et la mort, le bien et le mal, comme un despote oriental. Bref, un Dieu anthropomorphique, à l’image de l’homme.

Ainsi, comme déjà évoqué, la personne « Vincent Lambert » n’est pas au cœur des préoccupations de l’église. Ce qui préoccupe exclusivement l’église, c’est le rappel de sa doctrine, au nom d’une prétendue « loi divine », dont elle s’autoproclame l’interprète exclusive. Le tout, en prétextant se fonder sur la « Parole de Dieu ». Il s’agit, ni plus ni moins, d’un abus de pouvoir sur les consciences : l’être humain n’est pas libre de ses choix, il est tenu d’obéir au Magistère censé savoir mieux que lui.

Personnellement, je ne vois aucune « charité chrétienne » dans un combat pour une « fin de vie » qui s’avère idéologique. Aussi, je partage le point de vue de l’ex-médecin de Vincent Lambert, le docteur Kariger, qui, bien que lui aussi catholique, a rappelé que son patient était en état végétatif sans possibilité d’amélioration d’après les experts et dans l’impossibilité de vivre sans hydratation et nutrition artificielles, et donc en situation d’acharnement thérapeutique : « Tout ce dont cet homme a besoin désormais, c’est d’un accompagnement et d’une gestion de ses inconforts, pour une fin de vie digne et apaisée, dans le respect de ses volontés particulières. »

Au fond, Vincent Lambert et « Dieu » ont un point commun : face à leur silence, ils se retrouvent tous deux instrumentalisés par les mêmes fanatiques religieux ! Et, dans cette histoire, il n’y a pas de « guerre sainte ». Il n’est que des victimes et une famille brisée, au nom d’une doctrine obscurantiste qui les dépasse…

En âme et conscience : et si, demain, c’était vous ?

Et pour une fois, dans toute cette affaire, si nous quittions un instant le terrain des beaux principes religieux et devenions terriblement pragmatique : qui, parmi tous ces prélats, laïcs ou avocats bien-pensants, aurait été prêt à prendre la place de Vincent Lambert, au nom même de la dignité humaine qu’ils revendiquent si généreusement pour autrui ?

Ainsi, qui aurait accepté de vivre, depuis plus de dix ans, cloué sur un lit d’hôpital, inconscient ? Qui aurait accepté de vivre dans de telles conditions, le corps ravagé par tant et tant de désagréments ?

Qui serait disposé à se voir ainsi dépossédé de sa vie et à se retrouver, du jour au lendemain, victime muette et crucifiée par les bons soins des donneurs de leçons ? Qui serait disposé, au nom des beaux principes, à quitter la discrétion d’une vie entière pour se retrouver soudain sous le regard froid des médias du monde entier et les déchirures irréconciliables de sa propre famille ?

Je laisse les derniers mots à Marie-Geneviève Lambert, demi-sœur de Vincent, qui dit l’état de souffrance de son frère et dénonçait alors l’acharnement de ses parents :

« Je suis la demi-sœur de Vincent Lambert, nous avons le même père, mais pas la même mère. Je suis effondrée de cette nouvelle décision de justice concernant la reprise de l’alimentation de Vincent.

À travers l’exultation des avocats des parents de Vincent, tout est dit : Vincent, le sombre, le discret, est totalement absent de cette liesse d’une vulgarité qui n’a d’égal qu’une troisième mi-temps avinée de supporteurs de football.

Je souffre de toutes ces prises de position de personnalités politiques de tous bords, dans la méconnaissance totale de la subtilité du cas précis de Vincent, positions généralistes qui n’ont rien à faire dans une décision, par essence, unique.

Je souffre pour Vincent, dont le visage exprime si souvent la souffrance de son corps : celle d’une digestion difficile, du fait d’une alimentation liquide, par sonde, de plus en plus mal supportée ; celle des nombreux lavages par pression d’une sonde urinaire qui se bouche de plus en plus fréquemment, sur une vessie calcifiée rétractée… Sans parler des infections bronchiques à répétition inhérentes à son état.

Je souffre de l’aveuglement des parents et de leur entourage, entretenu par des milieux religieux extrémistes, auxquels l’église officielle a emboîté le pas à ma grande surprise, par peur fantasmatique d’une dérive vers l’euthanasie. Par cet engagement, l’Église de France trace une voie royale au vote prochain d’une loi pro-euthanasie, en réaction à l’horreur de ce qui se passe pour Vincent. »

À son corps défendant

Au nom de valeurs morales désincarnées, force est de constater que Vincent Lambert, devenu « l’affaire Vincent Lambert », n’avait plus les mêmes droits qu’un citoyen autonome. À défaut d’avoir rédigé des directives anticipées, il ne pouvait plus mourir selon ses dernières volontés. À son corps défendant, il sera pris dans une croisade qui le dépassa totalement.

Et pourtant, une dernière chose m’interpelle fortement. Si le croyant a réellement foi en la « Vie éternelle », pourquoi un tel acharnement à vouloir maintenir en vie une « enveloppe corporelle », alors que la rencontre avec Dieu aurait dû être l’aboutissement tant désiré de toute une vie ?

Il n’est, décidément, plus rien d’humain dans toute cette histoire…

Pascal HUBERT

 

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L’extrême droite française à la manœuvre : Civitas, Fraternité Saint Pie-X, Fondation Lejeune, Radio Courtoisie,…

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Pour visualiser la chronologie des décisions médicales et juridiques  ICI

Dr Éric Kariger sur l’affaire Vincent Lambert :

« Aimer l’autre, c’est parfois le laisser partir. »

 

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Pour aller plus loin :

« Mort de Vincent Lambert : Sa femme Rachel ‘abattue’ par des ‘années de procédure’», 20 minutes, 11 juillet 2019

Pour le pape et les évêques français, tristesse et prière après la mort de Vincent Lambert,La Croix, 11 juillet 2019  (article à télécharger)

« Affaire Vincent Lambert : la Cour de cassation autorise un nouvel arrêt des traitements », Le Monde, 28 juin 2019

« Affaire Lambert. La vie sans humanité », Golias Hebdo, n° 578

Vincent Lambert : au-delà de la polémique, l’histoire d’un homme, France 3 Grand Est, 2018

Le droit de mourir l’enquête qui dérange – Reportage/Documentaire, Zone, 2018

Affaire Lambert : pourquoi la France se déchire, C dans l’air, 21 mai 2019

Rachel Lambert, « Vincent : Parce que je l’aime, je veux le laisser partir », Fayard, 2014

NOTES :

[1] https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/m.-vincent-lambert

[2] https://hudoc.echr.coe.int/eng-press#{%22itemid%22:[%22003-5099996-6286079%22]}

[3] https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/interruption-des-traitements-de-m.-vincent-lambert

[4] https://hudoc.echr.coe.int/app/conversion/pdf/?library=ECHR&id=003-6409994-8419079&f

[5] http://k6.re/xk2E3

[6] http://k6.re/_LGXa

[7] http://k6.re/xalCX

[8] http://k6.re/AaBEe

[9] http://k6.re/EB=Dw

[10] http://k6.re/1pdTw

[11] http://k6.re/BsqwS

[12] http://k6.re/B38Eh

 

 

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5 thoughts on “Vincent Lambert : l’histoire d’une longue croisade

  1. Bonjour Pascal,

    Merci pour ton opinion/info très détaillée à partir de la situation de V. Lambert.

    Ce que tu expliques sur l’environnement des Lambert (père et mère) et sur leurs convictions ne m’étonnent absolument pas.
    De toute façon, la situation du (pauvre) gars est instrumentalisée, c’est clair et c’est détestable.
    A l’inverse, même si c’est beaucoup moins récurrent et hyper médiatisé, les personnalités (connues : genre Ch De Duve ou H. Claus) qui ont choisi l’euthanasie active avant d’être ‘diminués’, et qui souhaitaient un retentissement médiatique de leur choix, me laissent plutôt réservé, mais l’ampleur de ces derniers cas n’a de toute façon rien à voir avec celui de V. Lambert.

    Sur la fin de vie, je te dirais ceci, en fonction notamment de mon expériences avec des êtres très proches.

    D’abord, je pense profondément que chaque situation est un cas d’espèce, doit être considérée comme telle, et que la collaboration entre famille, soignants, médecins etc est très importante, outre, bien sûr, la volonté exprimée par la personne concernée (pas toujours évident).
    Et les décisions se prennent « en âme et conscience ». Le personnel soignant (surtout celui des soins palliatifs) a une grande expérience (sagesse) en la matière. Il y a, à ma connaissance, des comités éthiques (ou assimilé) dans les hôpitaux pour les cas compliqués.

    Ensuite, j’ai été très impressionné par un livre (+ interviews) d’un spécialiste belge du cerveau (Steven Laureys), qui a grandement contribué à montrer que le cerveau fonctionnait encore chez pas mal de gens donnés pour ‘végétatifs’. Je précise qu’il n’est pas militant, ni croyant, on peut parler d’un scientifique prudent et humaniste. Mais je ne connais pas la situation de V. Lambert sur le plan ‘scientifique’, je ne pense pas, à première vue, qu’il est comparable aux cas dont parle S. Laureys dans son livre et ses interviews.

    Enfin, en ce qui concerne précisément la suppression de l’alimentation/boisson, je l’ai vécu de près, et elle n’est en rien barbare, et ne fait que permettre aux corps en fin de vie de partir plus doucement, et pour éviter l’acharnement thérapeutique. Idem pour les soins de confort et l’administration éventuelle de morphine. L’alimentation via un petit tuyau via l’abdomen n’a rien de confortable.

    Pour moi, le seul message chrétien qui vaille est celui d’un respect de la vie ‘en général et sous toutes ses formes’, pour éviter notamment qu’on en arrive à une sorte de quasi-obligation de l’euthanasie…sous la pression sociale ou familiale. Les souhaits des personnes en matière de fin de vie évoluent d‘ailleurs souvent au fur et à mesure. Tout le reste, à savoir, entrer dans des instructions précises, des prescriptions sur ce qui peut se faire ou non, cela ne relève pas directement du message chrétien me semble-t-il. Eviter l’acharnement thérapeutique, au cas par cas, pour une personne en fin de vie, me paraît également un objectif général, valable pour un chrétien également.

    Voilà, quelques lignes….sur le sujet, au départ de ton texte.

    Yves Delvaux

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  2. Coucou Pascal

    Je me permets de te laisser quelques précisions utiles pour ton article très intéressant.
    Comme tu le sais, ma famille a eu maille à partir avec l’Opus Dei.
    Or le financeur de la famille Lambert au plan juridique et judiciaire est l’Opus Dei.
    Pourquoi je te dis ça par une affirmation? Parce que la Fondation Lejeune est une fondation d’utilité publique liée entièrement à l’Opus Dei. Jérôme Lejeune était de son vivant le représentant laïc de l’Opus Dei. Comme l’était avant le père de Valéry Giscard d’Estaing, Edmond et comme l’avait été également un cousin de Bernadette Chirac aussi. Aujourd’hui, je pense que le représentant laïc de l’OD en France est selon toutes probabilités le gendre de Lejeune, Jean-Marie Le Méné, associé à une des filles Lejeune: Clara Gaymard Lejeune.
    Pourquoi cet aigle à deux têtes? Clara a mené une carrière de haut fonctionnaire et a fait énormément pour l’OD depuis sa mise sur orbite dans les années 80 sous gouvernement Chirac grâce à Bernadette. Depuis elle a rapporté énormément d’argent à l’Opus Dei en France et créé un maillage étroit entre politiques et milieux d’affaires. Son beau-frère qui est ancien de la Cour des Comptes a lui aussi noyauté Bercy et pas mal de ministères. Se sont deux têtes de pont de l’organisation intégriste et sectaire. Et depuis très très longtemps.
    Pourquoi je peux affirmer qu’ils sont de l’OD? Bien parce que la Fondation Lejeune est celle qui a poursuivi ma famille et à qui mon père avait fait en tant qu’ancien surnuméraire, legs à titre universel.
    Alors comment ça se passe?
    L’OD ne peut pas hériter directement de ses adeptes.
    Elle passe donc par différentes fondations et associations, bien évidemment d’utilité publique, ce qui évite de payer des impôts tout en recevant des dotations d’argent public. Et ainsi, elle n’apparaît jamais nommément comme héritière de qui que ce soit. C’est une opération très pratique pour ne jamais apparaître sur la scène publique.
    En France l’OD dispose de la Fondation Lejeune, d’Alliance Vita et de la Fondation pour l’Ecole.
    Il me semble qu’elle a aussi la Fondation Renaissance, elle dispose d’un fonds d’investissement nommé Raise, mais aussi de la fondation Liberté Politique et d’autres groupes de même type.
    Suivant ton niveau dans l’OD et les besoins financiers et idéologiques de l’OD, au moment de leur adhésion comme membres ou coopérateurs opusiens, les adeptes sont incités fortement (c’est en fait une obligation sinon ils ne sont pas entérinés comme membres) par l’organisation à faire un testament en faveur d’une de ces fondations. Notre père c’était la Fondation Lejeune.
    Lui était surnuméraire, c’est à dire adepte laïc et vivant en famille.
    L’argent donc de la Fondation Lejeune provient à la fois d’une dotation publique de l’Etat (merci Bernard Kouchner qui a obtenu cela avec Christine Boutin contre l’avis de Véronique Neiertz et de différents politiques en 1998 ou 96 – tu as le JO qui est explicite avec tous les débats sur le sujet, hauts en couleurs comme tu peux t’en douter) mais aussi de legs à titre universel de familles d’adeptes.
    L’OD ne donne pas de l’argent si elle n’est pas sûre de faire un bénéfice financier.
    Quand tu sais ça, tu comprends que le couple Lambert n’a ses frais judiciaires payés et sa défense juridique prise en charge par l’OD via la Fondation Lejeune que parce que ce couple a promis plus d’argent encore à l’OD.
    Ca marche comme ça dans ce milieu.
    Tu comprends donc que cette affaire Lambert dépasse grandement même l’idéologie dont tu parles mais que c’est une histoire d’emprise financière sur tout un clan, toute une famille. Pour des raisons idéologiques certes, mais pas que.
    Comme je le disais sur Golias, l’OD est une pieuvre qui ne donne jamais rien pour rien. Et qui dispose aussi d’une milice qui tue. Mon père, son confrère ont été assassinés par l’OD. D’autres membres moins anonymes ont été aussi liquidés par l’OD. C’est ce qui arrive quand les membres en savent un peu trop sur des magouilles de l’organisation. C’est ce qui arrive quand des membres qui ont de l’argent veulent casser leur adhésion et se reprendre et protéger leur famille de ces opérations de dépouillement en règle mafieux…

    Donc la famille Lambert qui se retrouve sous la tutelle de l’OD et de Civitas, est prise dans ce piège qui dépasse grandement la situation de Vincent Lambert lui-même: car c’est une prise en otage complète financière, idéologique, religieuse, juridique et judiciaire de toute la famille.
    Et qui ne s’arrêtera pas à la mort clinique de Vincent ni à la mort des adeptes que sont les parents Lambert.
    C’est bien ça le problème. L’OD quand elle met le grappin sur une partie d’une famille qu’elle définit comme une bonne cliente qu’elle peut rincer, va continuer à laminer et à rincer la famille dans le temps. Elle peut le faire grâce à son réseau politique, financier, bancaire, juridique, en partie médical aussi mais aussi continuer des pressions grâce à ses appuis au sein du haut clergé, du Vatican.

    Alors la question qu’on peut se poser c’est pourquoi le Vatican, le haut clergé pactisent avec l’OD?

    Parce que l’OD est presque la banque du Vatican et tient toujours les cordons de la bourse à l’IOR.
    Et qu’en plus l’OD sert toujours à planquer les cadavres dans le placard (l’affaire Ambrosiano, l’affaire Manuela Orlandi par exemple), à déplacer et protéger des clercs pédophiles, à noyauter des tribunaux, à agiter politiquement et militairement des situations dans le sens des intérêts cathos romains institutionnels dans différents pays, à soutenir des dictatures cathos. L’OD permet aussi des publications pour le pape, finance en partie des résidences somptuaires et fins de vie confortables pour des hauts-clercs…Bref c’est une mafia utile.
    A partir de là, comment veux-tu qu’il y ait séparation entre le Vatican et l’OD?
    L’OD a perdu beaucoup de membres internes mais elle a gagné en coopérateurs laïcs fortunés qui sont issus de grandes familles industrielles, bancaires, politiques, nobiliaires et qui font tourner la boutique et qui sont toujours dans une vision totalitaire politique et religieuse (beaucoup souhaiteraient une dictature militaire. Qui de fait, correspond aussi idéologiquement aux intérêts totalitaires et financiers du Vatican.

    Tant que les gens n’ont pas compris ça, croyants comme incroyants, l’organisation OD comme d’ailleurs les autres factions dérivantes sectaires (Civitas, Renouveau Charismatique, Légion du Christ, Chemin Néocatéchuménal, etc) continueront ces emprises, ce travail de dynamitage de familles, de pressions judiciaires, psychologiques, religieuses…
    Ces organisations sectaires jouent sur les failles identitaires, les failles psychologiques, les peurs, les angoisses existentielles de leurs membres. Pour ensuite tenir durablement les familles non membres sous pression constante, menaces, etc.

    Malheureusement, je crains que l’affaire Lambert ne s’arrête pas à la mort clinique de Vincent. Mais se poursuive comme ce fut le cas pour notre famille après l’assassinat de notre père.
    Et ce qui me consterne le plus, c’est que la plupart des médias comme des gens qui s’expriment sur cette affaire, ne le mesurent absolument pas.
    Comme la plupart des gens ne mesurent pas le poids et l’implication de ces organisations sectaires dans un maillage financier, politique, judiciaire et religieux dans chacun de nos pays.
    Concernant l’OD spécifiquement, elle n’a pas changé la centralisation de ses pouvoirs cléricaux en France par hasard, par fantaisie. Si aujourd’hui la direction générale opusienne est en France, ce n’est pas pour rien. C’est qu’elle sait pouvoir compter financièrement, politiquement, religieusement sur des appuis de poids.
    Le chef de l’épiscopat est lié à l’OD par sa soeur. Macron est un peu pieds et poings liés avec l’OD via l’affaire Alstom-General Electric, où comme par hasard, on retrouve Mme OD.com, alias Clara Gaymard Lejeune…

    C’est d’ailleurs assez drôle de voir que dès que l’état se pourvoie en cassation sur l’affaire Lambert, qu’est-ce qui ressort? Devine…Des révélations sur l’affaire Alstom pour tenter de peser sur Macron et pour que l’affaire Lambert tourne à l’avantage de l’OD.

    Nous vivons une époque formidable…

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