Mutation

Mutation

 

« Après, la confusion. Année après année, avancer dans la nuit. »

Adélaïde Bon

 

Il me faut remodeler, de fond en comble, cet être revêche, susceptible, anxieux. Il me faut désormais être en paix avec moi-même et le monde entier. Ce sera le but le plus important de ma vie. Le seul qui puisse m’amener à un certain bonheur. Le seul qui puisse me rendre humain, plus vivant que mort.

À cette fin, me regarder en face, ne plus me fuir. Regarder lucidement la blessure, ce qui me déplaît en moi et, par une profonde prise de conscience, implanter de nouveaux schémas de pensée. Je sais évidemment que c’est l’insécurité dans l’enfance qui me tient, sans cesse, sur la défensive et l’indécision. Au-dessus du gouffre. Mais, je ne dois plus craindre l’abandon, l’effondrement, le mutisme. Les failles du passé ne doivent plus me laisser exsangue, me ramener encore dans l’abîme.

Toutes ces peurs qui ont paralysé mon être. Autant de réminiscences dans mon quotidien, de méduses qui remontent sans fin à la surface. Des mots pour descendre en soi, creuser et désamorcer. Apaiser avec bienveillance l’enfant tapi dans un coin de la pièce. Cicatriser la blessure, ne plus sans fin reproduire. Ne plus faire dépendre le présent des terreurs du passé.

Ce sentiment encore d’être coupé de soi, comme endormi, le cerveau anesthésié. De naviguer dans un clair-obscur, entre deux mondes. D’être incapable de profiter pleinement de la vie, des petits moments du quotidien, des rencontres et de l’instant présent. Alors, je tente d’entrer en moi, pour me comprendre, pour me clarifier. Alors, j’écris dans l’espoir de m’unifier enfin.

J’ai tellement attendu l’amour de l’autre, la reconnaissance de ses torts, son estime qui cautériserait enfin la blessure et me relèverait. J’ai tellement désiré une autre vie, espéré que la mienne ne soit pas vraie. J’ai tellement vécu dans la dépendance d’autrui, avant de partir seul sur le chemin abrupte de mes remises en question. J’ai tellement pleuré l’enfant en moi, avant de lui tendre la main. J’ai tellement désiré la mort, avant de choisir la vie.

Couper un à un les liens mortifères, pour se hisser vers la lumière. Ce n’est pas un choix, seulement un besoin impérieux. Pour savoir enfin qui je suis, ce que je désire, ce qui me constitue au plus intime. Extraire la vieille souffrance, oser la parole, crever l’abcès. Lâchez prise, reprendre sa vie en main, oser la liberté. Après la terrible défiance de soi, les pensées folles, le ressassement à n’en plus pouvoir. Tenir debout, ne plus reculer, jouir de la vie. Prendre soin de soi. Muter enfin, pour devenir radicalement un autre : soi.

Pascal HUBERT

 

 

 

« Peut-être ne peut-on vraiment imaginer que ce que l’on a déjà vécu soi », Charles Juliet

 

« Écrire pour susciter cette mutation qui me fera naître une seconde fois. »

« J’ai enfin compris que nous ne gagnons rien à nous rebeller, que la vie ne se laisse pas forcer, qu’elle ne s’offre qu’aux humbles, à ceux qui ne refusent pas de se soumettre. »

« Celui qui veut à toute force se rendre libre a beaucoup à souffrir et à se battre. Mais si un jour il arrive à jeter bas les murs de son cachot, puis à déboucher en pleine lumière, il lui est donné d’accéder à une certaine connaissance, et en lui, la peur, la haine de soi, l’angoisse et la culpabilité cèdent la place à une paix, une force, une foi en la vie qui feront que son cercle ira toujours grandissant. Alors sa main dont les doigts étaient comme des serres toujours prêtes à étouffer leur proie, sa main se décrispe, s’ouvre, et il comprend qu’elle ne servira plus désormais qu’à la caresse et l’offrande. »

Charles Juliet, Dans la lumière des saisons

 

 

 

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