De la peur à la joie de vivre

 

De la peur à la joie de vivre

 

« Peut-être ne peut-on vraiment imaginer que ce que l’on a déjà vécu soi », écrit Charles Juliet. J’en suis persuadé, pour l’avoir vécu. La peur qui vous paralyse : pensée, créativité, marche, désir, projets, vie. Du matin au soir, tout est effort, lassitude, tristesse. Voudrait-on briser ce cercle vicieux qu’on ne le pourrait pas. L’enfer est parfait, le monde est noirceur. Au-dedans, comme au-dehors.

Entre la peur et la joie de vivre. Un gouffre à combler. Un lien détruit à reconstruire. À moins qu’inexistant, il ne faille l’inventer. De la peur du lien au bonheur qu’il procure. La fadeur de la vie prend enfin des couleurs. L’abandon est moins prégnant, la vie reprend ses droits. C’est une chose étrange que de revenir à la vie. C’est la force des rescapés de ne pas rester dans le trou. C’est la force des mutilés de rejoindre leur semblable.

Lorsque tu sais être passé à côté de ta vie. Lorsque la confusion fait place à la lucidité. Lorsque des mots sont enfin mis sur l’enfance dévastée. Comment faire avec l’horreur du manque ? Comment renouer ? Comment franchir le gouffre ? Doit-on tout recommencer ? Doit-on vivre mille vies ? Doit-on quitter ce que l’on a construit tant bien que mal ? Doit-on tout brûler pour vivre enfin du neuf ? Doit-on retomber amoureux ? Où commencent la défusion, la liberté, la joie de vivre ?

Ainsi du désir longtemps refoulé, du manque inavoué, du déni de la réalité, de la souffrance enfermée. Par incapacité d’avoir été un enfant, un adolescent, un adulte. À l’âge où le jeune sort, aime, jouit de la vie. Tant de désirs inassouvis, mort-nés, impensables. Souffrance de n’avoir su réaliser ma vie. Comment, aujourd’hui, se sentir libre, maître de soi et de son destin, en phase avec les siens ? Sans tout détruire, sans désirer faire table rase ? Comment être heureux, malgré tout ?

Comment vivre l’insouciance, l’aventure, la légèreté ? Certains ont tout quitté dans l’espoir de se trouver et de vivre enfin. D’autres sont demeurés fidèles à ce qu’ils ont tenté de construire. Besoin de quitter mes sécurités, de lâcher prise, d’entreprendre. Du neuf, de l’inédit, du désir de vivre. Jour après jour, réinventer ma vie.

J’entreprends aujourd’hui ce que je ne pouvais vivre hier. C’est douloureux, ce sentiment de ne pas avoir vécu, d’être en décalage avec les autres. De tenter de vivre aujourd’hui ce qu’il m’aurait fallu entreprendre hier. C’est un peu le monde à l’envers. Alors, cela chamboule tout dans ma tête.

Besoin d’oser. Malgré la culpabilité et le sentiment de trahir. Le désir jusqu’où ? Le désir me fait peur. Il pourrait m’entraîner dans des chemins inattendus. Vers des contrées prétendument interdites. Comment se dépasser ? Comment dépasser ses peurs ? Comment se réaliser, sans réaliser ce qui a manqué ? Comment dépasser ses résistances inscrites dans le tréfonds ? Je tourne autour des mots. Et les maux demeurent. Les angoisses tapies. La vie encore cadenassée.

Comment sortir de cette tension sans tout briser ? Comment vivre enfin unifié sans se mentir ? Comment ne plus étouffer sous le passé ? Quelle décision prendre pour ne pas rejouer sans fin l’indécision et le malheur ? Comment guérir enfin la blessure ? Comment ne plus vivre de pis aller et de faux semblants ? Comment aimer enfin la vie sans retenue ? Comment dire le vrai sans tout détruire ? Autant de questions qui devraient, enfin, trouver réponse.

Ce besoin d’aimer en vérité et d’être aimé. Ce besoin d’aventure et de réalisation de soi. Ce besoin d’avoir vécu pleinement avant de mourir. Pour voir clair en soi, combien nécessaire de sortir de soi. D’oser une parole vraie, nue, fragile. Sortir de ce lourd silence, des sentiers de fuite. J’ai tant besoin de l’autre pour devenir vivant. De ce lien qui m’a trop longtemps manqué par incapacité d’être. Tant de réminiscences remontent encore à la surface. Ce sont elles qui me paralysent et me contraignent à avancer. Pour libérer la source de vie, pour reprendre ma vie en main.

Prendre conscience de la fracture, en mesurer la profondeur, en connaître les recoins. Pour la panser, colmater les brèches, mettre un baume sur l’enfance. Et qu’ainsi jaillissent, à nouveau, la beauté, l’estime de soi, le goût de vivre, la joie du lien. Les retrouvailles avec soi, et l’autre.

Écrire encore des mots, descendre en soi, apaiser ses pensées, prendre soin de soi, franchir encore ces espaces clos, revivre d’espérance, ne pas abandonner, sortir de soi, se remettre à croire et à aimer. Et parler. Dire à l’autre la blessure, la faille, le doute, le manque, ses besoins. Qu’il comprenne, entende, consente. Après le silence, prendre enfin la parole. Encore et encore, malgré tout. Si tu savais, comme l’amour peut tout changer.

Transmuter la peur en joie de vivre.

Pascal HUBERT

 

 

Ces mots de Boris Cyrulnik, dans La nuit, j’écrirai des soleils, résonnent particulièrement en moi :

« Je sais maintenant, grâce aux récits intimes de mon for intérieur, et aux histoires des enfances fracassées, qu’il est toujours possible d’écrire des soleils.

Combien, parmi les écrivains, d’enfants orphelins, d’enfants négligés, rejetés, qui, tous, ont combattu la perte avec des mots écrits ?

Pour eux, le simple fait d’écrire changea le goût du monde. 

Le manque invite à la créativité. La perte invite à l’art, l’orphelinage invite au roman. Une vie sans actions, sans rencontres et sans chagrins ne serait qu’une existence sans plaisirs et sans rêves, un gouffre de glace.

Crier son désespoir n’est pas une écriture, il faut chercher les mots qui donnent forme à la détresse pour mieux la voir, hors de soi. Il faut mettre en scène l’expression de son malheur.

L’écriture comble le gouffre de la perte, mais il ne suffit pas d’écrire pour retrouver le bonheur.

En écrivant, en raturant, en gribouillant des flèches dans tous les sens, l’écrivain raccommode son moi déchiré. Les mots écrits métamorphosent la souffrance. »

 

 

 

 

Synopsis

En ces temps de grands changements, il est urgent de reconsidérer notre rapport au monde. Huit penseurs, chercheurs, auteurs, conférenciers nous livrent un autre regard sur la réalité. Une rencontre inédite, une transmission essentielle, des clefs pour s’affranchir des croyances limitatives, redéfinir nos priorités et ré-enchanter nos vies. Êtes-vous prêts à lever le voile ?

 

 

N’hésitez pas à laisser sur mon blog un commentaire ou une suggestion…

ou à m’écrire à deviens.ce.que.tu.es333@gmail.com

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