Les pieds sur terre

 

Les pieds sur terre

 

Nous sommes sur terre/Et il n’y a rien à comprendre/L’angoisse est vertigineuse/Les religions ont leur réponse/Elles sont toutes fausses/Depuis le temps, c’est prouvé/Dieu est une invention/Pouvoir des religieux, sur les fidèles/Dieu bouche-trou/Temps d’être fidèle à soi/Enfin, malgré tout.

De la croyance religieuse, à la connaissance de soi/De la servitude, à la liberté/De l’ignorance, au savoir/De la peur de mourir, à la joie de vivre/Des dieux juges, à l’amour de soi/De siècle en siècle, de religion en religion/Éternel recommencement, éternel obscurantisme/Nous sommes des milliards, à tomber sous leur coupe/Conditionnement oblige, dès l’enfance si possible.

Joug infernal/Promesse du Ciel/Cet abandon originel/Englouti tous les autres/Le Père est cruel/À l’image du père sur terre/Souvent, toujours la même histoire/Sur terre, comme au Ciel/Les mythes sont éternels/Récupérés de siècle en siècle/De païens, ils deviennent religieux/D’inexistants, ils deviennent réels/Aussi réels que ta vie de chair/Drame que cet imaginaire/Gouffre entre deux mondes.

Tant envie d’y croire/De résoudre, ainsi, l’insoluble/Les drames et les souffrances/De l’innocent, du four crématoire/Rien d’hérétique, du rationnel seulement/Chercher, à en crever/Honnêteté, lucidité/Solitude, chemin sans chemin/Abandonner les dogmes, partir de soi enfin/Dépouillement, déconditionnement/Connaissance de soi, mutation seulement/Tellement plus douloureux, tellement moins rassurant.

L’enfant n’a pas demandé/À vivre, à souffrir/Il fait avec, apprend à comprendre/La vie, la mort/La souffrance, l’absurde/En solitaire, broyé par le déni/Pas de mots, seulement les maux/Pas toujours, mais trop souvent/De par le monde, pauvreté/Sous toutes les formes, les latitudes/Tant de blessures, dans une vie/Depuis la nuit des temps, tant de larmes déjà/Pas de Dieu d’Amour, anthropomorphe.

Seulement des rencontres, ici-bas/Pour construire le lien/Parfois détruit, entre deux abandons/Vivre, malgré tout/Malgré l’incompréhension de ce monde/Qui est, sans réponse/La plupart s’en s’accommodent, semble-t-il/Mon étonnement, à chaque fois/Serait-ce dû à cet abandon, originel/Cette blessure intime, qui m’a conduit dans l’imaginaire/De la religion, si loin de moi/ Souvent, si loin de mon semblable.

À chaque fois, je recommence/Ces mots, sans savoir/Où je vais, ni où je finirai/Au plus près, si loin encore/Incapacité d’être, recommencement sans fin/La religion est si facile, l’envers de la connaissance de soi/Croire est à la portée du commun des mortels/Ne jamais se fier aux traditions/Se libérer est un chemin, qui jamais ne tombe du Ciel/Etre sur terre n’est pas si simple/Faut descendre profond, là où je ne voulais pas.

Si souvent autrui me ramène/Dans les gouffres de l’enfance/Où je pourrais sombrer/Sans plus me relever/Je n’ai pas d’autre vérité à offrir/Que celle que je vis/Au creux de ma chair/L’enfer est bien sur terre/Aux religions n’en déplaisent/Aux dieux, je ne sais/J’aimerais, ne suis pas plus idiot/Que ceux qui savent, depuis la nuit des temps.

J’ai songé si souvent, à m’évader/Tant de fois espéré, en vain/Fuir l’enfer, à partir de rien/N’est pas si aisé, pour qui n’a pas de centre/Seulement des cendres, l’être incendié/Un jour d’orage, disloqué sans souvenir/Je n’ai pas de mot, à défaut de souvenir/Juste une brume, épaisse/Sur le trauma, le silence du déni/Non, il n’est pas aisé/De se connaître, à partir d’une si grande confusion.

Si demain je meurs, laissez-moi loin/Des religieux, je le veux/Dans les bras du lien/Loin du ressassement/Je me suis encore égaré/Dans l’espoir de me trouver/Entre effondrement et retenue/Moi non plus, je ne veux pas mourir/Qui est passé par là comprendra/Je veux vivre libre, tel un fou/Faire tomber les barreaux, de ma prison/Une telle trahison à l’autre, par fidélité à soi/C’est là l’absurde, la folie/Pour qui ne l’a pas connue, pour qui la vit.

Rien ne remplacera jamais l’effondrement/La connaissance de soi est à ce prix/Ces mots inaudibles, qui me font si peur/Je n’ai rien choisi, comme tant de mes semblables/C’est ainsi, cruel/Mais c’est ainsi, profond/Comme bien des morts et des fous/Mais tout va bien, à l’extérieur/Me dit-on souvent, et ils n’ont pas toujours tort/Je vais mieux, depuis l’enfer/Mais cela dit si peu/De qui nous sommes, les rescapés.

Je voulais une autre vie/Ai couru après/Comment combler le gouffre ?/Entre le passé qui ne reviendra jamais/La jeunesse des autres, sous mes yeux/Tant de pleurs, inconsolables/Repartir de zéro, tout effacer ?/Gâchis d’une enfance morte/Impossible résurrection/Je comprends ceux qui larguent tout, sont incompris de la plupart/Ne sont pas passés par là, tout simplement/ Sans les mots dits, je serais déjà mort de froid.

Pourtant, je suis sorti du silence/Je parle comme jamais/Je refuse de renoncer/J’ai des envies entre deux effondrements/Je me relève encore, comme je peux/Souvent, je suis renvoyé en enfer/Par un mot, une ignorance/La blessure est là, tout est encore là/Intact, si tu savais/Mais le moindre mot vrai, me rejoint/Celui tiré du fond de l’être, dénudé jusqu’à l’os/Pauvreté et richesse/Je suis et se côtoient/Dans le même être, une même vie.

Le vrai naît d’une agonie/Mais c’est injuste/Trop incalculable le prix/Incompréhensible, toujours/Même des plus proches, surtout/ S’affranchir de tous, de son monde/Intérieur, imaginaire/Audace folle, partir seul/Vers l’inconnu/Comment pourrait-il en être autrement ?/ Ne cherche pas à comprendre/Ou alors, tu sais déjà/D’expérience, toi aussi.

Des vies rêvées, névrosées, fantasmées/Perdues, à jamais parfois/Chacun fait ce qu’il peut/Avec la béance, le vide/Ses pourquoi sans réponse…

Je comprends l’esseulé/Le fou/L’incestué/Le suicidé.

D’un Monde à l’autre.

Pascal HUBERT

 

 

 

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