Sur ce chemin d’humanité

 

Sur ce chemin d’humanité

 

J’ignore si demain me gardera intacte

Je dis que l’espoir de se laisser être

Éloigne le désespoir

Joséphine Bacon

 

Bienveillance, ouverture d’esprit, non-jugement, pleine conscience. Plus je vieillis et plus je sens combien il m’importe d’emprunter ce chemin. Avec plus d’audace, de ténacité, de désir. À l’opposé du repli sur soi, des croyances stériles, des peurs envahissantes. La réalisation de soi exige un tel désentravement.

Il est impossible de vivre pleinement sa vie, en étant dominé par son ego, ses mesquineries, ses innombrables travers. Au fond, il s’agit de s’apaiser peu à peu. L’envers de la colère, des rancœurs, des coups bas. Cela exige une profonde connaissance de soi, pour déraciner ce qui nous paralyse au plus profond. Et avoir ainsi chance de muter vers plus de liberté intérieure.

Et je ne peux m’empêcher de penser, avec tristesse : nous et les autres, nous nous manquons si souvent. Par incapacité à nous dire, par crainte d’être vrais. Je veux dire : fragiles, tels que nous sommes en vérité. Ce gouffre entre ce que nous donnons à voir et ce qui nous agite au plus profond. C’est là le drame, l’écartèlement, notre condition humaine parfois si douloureuse à vivre.

Il faut tellement de temps pour se connaître et s’apprivoiser. Pour s’accepter et s’aimer en vérité, tels que nous sommes. Ne plus attendre la reconnaissance d’autrui, ne plus s’astreindre à un idéal vain. Ne plus se trahir derrière le sourire des apparences, alors que nous crevons parfois d’amour. Par nécessité vitale, partir seul sur son propre chemin d’humanité. Dans l’espoir fou de se trouver, perdre peu à peu ses illusions.

Tellement de temps, pour trouver les mots justes. Dire simplement ce qui est. Il est tellement facile d’enfuir, de se refermer sur soi. À chaque fois, ce besoin de se recentrer, de descendre en soi. Pour retrouver ce qui nous fait vivre et nous rassemble vraiment. Loin de nos particularités, retrouver l’universel. Devenir humain est un si long chemin, que je me perds bien souvent en route.

C’est ainsi, tout accepter. Malgré la fêlure, à cause d’elle. Mon indicible différence, avec laquelle il me faut bien vivre. Je sens la blessure, au creux de ma chair. Je tenterai de faire avec, sans tous les oiseaux de malheur. Existant ou imaginaires, tous là au creux de mes os. Les charognes rôdent toujours, au-dessus de nos têtes vulnérables. Tout cela m’appartient, je me fais trop souvent des idées. Illusions d’une folle enfance, d’une peur diffuse, et jamais vraiment apaisée. N’est-ce pas, plus ou moins, notre lot à tous ?

Oser pourtant sortir de sa zone de confort, modifier ses schémas de pensée, prendre conscience de ses peurs, regarder soudain la vie sous un autre angle, croire encore aux possibles. Aimer enfin la vie, après avoir tant désiré la mort parfois. Puisque nous sommes là, faire de chaque jour un jour neuf. Rester disponible à la rencontre, avec soi et les autres. Et briser, peu à peu, le sortilège qui nous endort et nous paralyse trop souvent. Peut-être, alors, qu’un jour notre univers intérieur sera plus ample. Peut-être, alors, volerons-nous au-dessus des charognes.

De toute façon, pas d’autre chemin que celui de mon humanité. Quitte à ne plus savoir, à m’y perdre encore. Si loin de mon semblable, en solitaire souvent. Mais je n’ai rien cherché ni désiré, cela je le sais désormais. J’assume ma vie, comme je peux. Elle me rend tantôt plus aimant, tantôt plus aigri. Tantôt plus humain, tantôt plus dur. On répète souvent le passé, on ne parvient pas toujours à s’en dégager. Et si souvent mes mots se perdent encore, dans la brume de ma confusion.

Malgré tout, demeurer sur ce chemin d’humanité…

Pascal HUBERT

 

 

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