Lettre aux hommes qui se conduisent comme des porcs

 

Lettre aux hommes qui se conduisent comme des porcs

 

« Cours petite fille !/#metoo #timesup #noshamefist »

 

Je connais de plus en plus de femmes violentées par des hommes pour me taire encore. Et je suis un homme, moi aussi. À ce titre, je ne suis pas exempt de reproches. À ce titre, je sais parfaitement la représentation que la plupart des hommes se font des femmes. Il « suffit » d’en prendre conscience, de se l’avouer, puis de trouver cela anormal. Et d’amorcer alors, courageusement, le changement – de pensée, de regard, de mot, de mentalité quoi. Pour ne plus perpétuer encore. Cette représentation de la femme – « sexe faible » -, inculquée depuis l’enfance, dans des sociétés qui tolèrent, admettent, vivent du patriarcat. Soyons sérieux un instant : la femme n’a jamais été l’égale de l’homme. En Orient, c’est une évidence, n’est-ce pas. Mais en Occident non plus, malgré la modernité, l’émancipation, les lois. L’égalité entre les sexes n’est pas seulement une affaire de décret. De fait, jamais les mâles n’ont cédé volontiers le pouvoir. N’est-ce pas. Les femmes ne doivent leur liberté qu’à elles-mêmes, à leurs luttes incessantes, depuis toujours. Et la plupart des hommes sont « naturellement » des prédateurs. Ce sont eux qui violent, prostituent, font exciser, commettent des crimes d’honneur et refusent l’égalité. La plupart du temps. La culture du viol, la culture du silence, la culture du « plan cul », ce ne sont pas les femmes qui l’ont inventée. Elles n’ont pas décidé un beau jour de devenir un objet sexuel, d’être trop souvent réduites à un vagin, à un morceau de viande jetable après usage. Ce sont bel et bien les hommes qui les ont rabaissés, désirés pour « ça ».

Ainsi, combien de femmes ont été harcelées dans la rue pour un seul homme ? Combien de femmes ont été traitées de putes pour un seul homme ? Combien de femmes se sont vues mettre la main aux fesses pour un seul homme ? Combien de femmes, en finale, ont été maltraitées pour un seul homme ? Statistiquement parlant, le déni n’est plus possible. Les hommes essentialisent les femmes, les relèguent à la seconde place, les voilent et les font taire. Alors que pas un homme ne serait né sans une femme, que pas un homme ne saurait grandir sans l’amour d’une mère, que pas un homme ne saurait véritablement aimer et grandir en vérité, en négligeant l’autre moitié de l’humanité. Il y a là une profonde ingratitude, un profond mépris. Il est une virilité abusive qui mène à la destruction de l’autre, et de soi en fin de compte. Une virilité orgueilleuse qui se prive de la richesse irremplaçable qu’est la femme. L’authentique liberté naît de l’égalité, l’authentique justice naît de la reconnaissance de cette profonde injustice faite aux femmes.

Mon aveuglement était si profond que longtemps je n’ai rien vu, que j’ai refusé de voir, que j’ai pris la femme pour une éternelle coupable. « Péché originel » et réflexe pavlovien obligent. Elle exagère toujours, elle tente toujours, elle est toujours fautive. D’être trop ou pas assez. C’est ainsi, c’est dans sa nature, c’est la religion, c’est dieu qui veut ça. Jamais l’homme. L’homme, lui, dominera la femme, comme il dominera le monde. Mais, tout cela n’est que foutaise et aveuglement pour ne pas voir, pour se maintenir au pouvoir. Pour assujettir encore, pour n’avoir jamais à se remettre en question. Certes, tous les hommes ne sont pas des porcs (« not all men »), mais là n’est pas la question : le pouvoir ancestral appartient aux mâles, et la majorité d’entre eux – silencieuse, comme il se doit – est complice. Ne pas prendre parti pour la femme, ne pas s’insurger c’est de fait accepter de perpétuer un système de soumission et d’inégalité. Il ne faut donc pas s’étonner que des femmes, toujours plus nombreuses, cherchent à se libérer du joug, quitte à montrer une légitime colère à l’égard de leur oppresseur. Qu’il se mette un instant à la place des femmes, de ce qu’elles ont subi depuis des millénaires, au quotidien. Malgré elles. Accepterait-il, lui, le centième ? C’est juste une discrimination que rien, absolument rien ne pourra jamais justifier. La seule réalité concevable, admissible, c’est l’égalité parfaite entre tous les êtres humains, quel que soit leur sexe. Tout le reste n’est que construction de l’esprit, invention meurtrière, divisions sans fin, éternel profit des hommes au détriment des femmes. Dans la toute grande majorité des sociétés, des cultures et des croyances religieuses. Cette étrange réalité, par trop évocatrice, doit enfin cesser. À chacune, à chacun de s’y atteler, là où il se trouve.

Je terminerai donc en remerciant toutes les femmes qui m’ont ouvert les yeux, toutes celles qui ont osé parler des violences subies en silence. Et qui, du fait des hommes, ont été meurtries dans leur chair durablement, parfois à vie. Je le répète, je n’ai trouvé aucune bonne raison pour justifier encore cela. Et force m’est de constater qu’en chemin je n’ai guère trouvé d’hommes non plus. Pour m’ouvrir les yeux. Merci donc à ma femme, à ma fille, à ma sœur, à mes amies, aux féministes universalistes croisées sur les réseaux sociaux. Vous les femmes, il vous faut poursuivre la lutte. Et nous les hommes, il nous faut changer de représentation mentale. Ce ne sera pas facile, ce sera long, ce sera douloureux. Comme toute lutte pour l’émancipation, pour la justice, pour l’égalité et le respect de l’autre. Mais c’est bien le seul chemin à poursuivre. Et il est une excellente raison à cela : il serait temps de s’apercevoir combien il est bon d’être l’ami, le compagnon ou l’amant d’une femme.

 

Pascal HUBERT

 

 

 

« Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. »

Descartes

 

 

 

 

 

 

Législation française contre les violences faites aux femmes 

 

 

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3 thoughts on “Lettre aux hommes qui se conduisent comme des porcs

  1. Bel article, merci.
    Les femmes doivent également faire l’effort de ne pas mettre tous les hommes dans le même panier car à force de se heurter au mauvais type d’hommes dirons-nous, il n’y a qu’un pas de les cataloguer à  » tous les mêmes »… Je vous assure que les hommes biens existent aussi !

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  2. 8 mars – Supprimons cette journée ridicule et remplaçons-la par une équité, une égalité, une complémentarité, par la disparition des expressions nauséabondes : sexe fort et sexe faible. Instaurons les mêmes salaires, les mêmes droits, les mêmes devoirs. Oublions la pseudo supériorité du mâle dominant en faisant que tous les jours de l’année la femme soit respectée qu’importe sa tenue, sa position sociale, son travail et les excès de testostérone du mâle qui la croise.

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