Ne te prive pas d’être heureux : entre la religion et la vie, choisis la vie !

Ne te prive pas d’être heureux : entre la religion et la vie, choisis la vie !

 

« Les religions sont les berceaux du despotisme. »

Marquis de Sade

 

Le Marquis de Sade, né le 2 juin 1740 à Paris et mort le 2 décembre 1814 à Saint-Maurice (Val-de-Marne), est notamment connu pour son athéisme anticlérical virulent. Ses écrits seront, sans surprise, mis à l’index avant de trouver grâce dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1990…

 

Quels sont donc les reproches que Sade adresse à la religion ?

 

Premièrement, la religion n’est portée que par l’immonde hypocrisie des prêtres, hypocrisie qu’il a pu vérifier dans sa propre famille puisque, jusqu’à l’âge de dix ans, son éducation a été confiée à son oncle, l’abbé Jacques-François de Sade, lequel vécut au château de Saumane, entouré de gueuses comme dans un bordel.

La religion suscite, deuxièmement, le fanatisme le plus abject.

Elle est, troisièmement, « sanguinaire, et de ses saints poignards, égorge les hommes au nom du dieu qu’elle n’admet que pour servir les passions de ses satellites impurs ».

Elle engendre, quatrièmement, l’horreur des guerres civiles.

Cinquièmement, elle ment impudemment et cherche à nous faire gober par exemple qu’un enfant est né d’une vierge. Du reste, Jésus n’est « qu’un plat imposteur » et l’impudique Marie « sa sale et dégoûtante mère ».

Sixièmement, l’ignorance et la peur sont les deux mamelles où elle se nourrit.

Septièmement, elle reste la meilleure arme aux mains des tyrannies.

Huitièmement, et bien avant Marx, il n’y a pas de liberté possible tant qu’on ne s’est pas débarrassé d’elle.

On pourrait ainsi continuer sur des pages et des pages la liste des malheurs induits par la religion que Sade ne cesse de dénombrer. Il le répète, jusqu’au ressassement, jusqu’au vertige : la faute, la grande faute est la croyance en Dieu et les religions qui en découlent.

Lisons simplement cet extrait :

« Si, malheureusement pour lui, le Français s’ensevelissait encore dans les ténèbres du christianisme, d’un côté l’orgueil, la tyrannie, le despotisme des prêtres, vices toujours renaissants dans cette horde impure, de l’autre la bassesse,  les petites vues, les platitudes des dogmes et des mystères de cette indigne et fabuleuse religion, en émoussant la fierté de l’âme républicaine, l’auraient bientôt ramené sous le joug que son énergie vient de briser. Ne perdons pas de vue que cette puérile religion était une des meilleures armes aux mains de nos tyrans : un de ses premiers dogmes était de rendre à César ce qui appartient à César ; mais nous avons détrôné et nous ne voulons plus rien. »

Mort au christianisme donc. Mort à toutes les religions. Et mort aux prophètes, qu’ils se nomment Lycurgue, Numa, Moïse ou Mahomet.

Nous voilà désormais au XXIe siècle…

Et force nous est de constater que rien n’a véritablement changé. Les propos de Sade n’ont pas pris une ride. Les religions sont restées ce qu’elles sont : un poison anti-vie.

Et regardons lucidement : fuir l’obscurantisme des religions ne signifie nullement « ne plus croire en rien », comme trop longtemps soutenu par celles-là mêmes qui, depuis la nuit des temps, veulent perpétuer leur emprise sur le corps et l’esprit. Cela signifie seulement se libérer de tout « prêt-à-penser » qui, inéluctablement, conduit au conditionnement et à l’asservissement puéril des masses croyantes.

Rendre la vie à nouveau désirable !

Il s’agit donc d’expurger de soi toute représentation religieuse de dieu. Et, loin de tomber dans un athéisme forcené et stérile, il s’agit au contraire de rendre ses lettres de noblesse à l’Humain, à l’Inconnaissable, à l’Univers et à ses mystères. Il s’agit de rendre la vie à nouveau désirable, de la naissance à la tombe. Il s’agit de respecter enfin le chemin emprunté par tout un chacun, sachant que chacun s’enrichit des autres.

Il ne s’agit plus d’enfermer la vie dans des dogmes ni dans une morale mortifères. Il s’agit de se libérer enfin du « connu » pour embrasser l’Infini.

Au fond, et c’est là l’unique Essentiel, il n’est sans doute d’autre sens à cette vie que d’advenir à soi pour s’ouvrir à l’autre. Et, qui sait, au « Tout Autre » lorsque notre mort viendra…

À la manière de Pablo Neruda, ne te prive pas d’être heureux !

Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l’habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d’émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu’il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd’hui !

Agis tout de suite !

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d’être heureux !

 

 

 

 

Dialogue entre un prêtre et un moribond

 

« Le prêtre – Le créateur est le maître de l’univers, c’est lui qui a tout fait, tout créé, et qui conserve tout par un simple effet de sa toute-puissance.

Le moribond – Voila un grand homme assurément ! Eh bien, dis-moi pourquoi cet homme-là, qui est si puissant, a pourtant fait une nature corrompue.

Le prêtre – Quel mérite eussent eu les hommes, si Dieu ne leur eût pas laissé leur libre arbitre ? …

Le moribond – A quoi bon, dès qu’il savait le parti qu’ils prendraient et qu’il ne tenait qu’à lui, puisque tu le dis tout-puissant, de lui faire prendre le bon !

Le prêtre – Vous ne croyez donc point en Dieu ?

Le moribond – Non. Et cela pour une raison bien simple : c’est qu’il est impossible de croire ce qu’on ne comprend pas. »

Marquis de Sade

 

Les Nouveaux Chemins de la connaissance (France Culture, 2011) : 

Une Morale, un dieu pour Sade (3)

 

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N’hésitez pas à laisser sur mon blog un commentaire, un avis, une réflexion ou une suggestion…

ou à m’écrire à deviens.ce.que.tu.es333@gmail.com

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