PÉTITION. Pour ne plus fermer les yeux devant les dérives sectaires dans l’Église : agissons ensemble !

Pour ne plus fermer les yeux devant les dérives sectaires dans l’Église : Agissons ensemble !

 

 « À partir du moment où la victime fait exploser sa prison, la vie devient très difficile pour les prédateurs. Ce qui est en train de se passer sous nos yeux doit se faire dans toute la société. »

 « Suite à la lettre du Pape François au Peuple de Dieu que je reçois dans son entier, il me paraît évident que l’heure est venue de passer aux actes. »

Pierre Vignon, prêtre et ex-juge ecclésiastique

 

Déplorer les abus, c’est déjà en prendre conscience, mais agir, chacun et chacune à sa mesure, c’est encore mieux si l’on souhaite, à terme, les éradiquer. À cet égard, depuis que la loi du silence s’est fissurée sous l’impulsion de la société civile et des médias, force est de constater que l’Église catholique nous montre désormais une face bien moins évangélique. C’est peu dire, tant les abus commis de par le monde sont innombrables et de notoriété publique.

Parmi ces abus, je voudrais aborder, plus particulièrement, les abus de pouvoir sur les consciences qui trahissent de profondes dérives sectaires. La gravité et l’ampleur de celles-ci ont été révélées en 2013 au travers des médias français. Pour mémoire, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, avait alors répondu officiellement à une quarantaine de victimes d’abus sexuels et spirituels mettant alors en cause pas moins de quatorze communautés, mouvements d’église et congrégations religieuses [1] : Béatitudes, Famille monastique de Bethléem, Légion du Christ, Regnum Christi, Fraternité Eucharistein, Emmanuel et Fraternité de Jésus, Sœurs mariales d’Israël et de Saint Jean, Ancien collaborateur du père Labaky, Memores Domini (Communion et Libération), Communauté de Nazareth, Opus Dei, Points-Cœur, Communautés Saint-Jean, Fraternité diocésaine de Saint-Jean-de-Malte.

Dans un ouvrage paru en 2010 (le temps passe vite), Olivier Legendre [2] relevait déjà, de son côté, les propos audacieux d’un Cardinal : « Quatre mouvements principaux ont fait l’objet d’accusations de dérives sectaires: les Focolari, le Chemin Néocatéchuménal, l’Opus Dei, les Légionnaires du Christ. Il est dangereux de couvrir ces accusations du manteau du silence, il serait préférable d’investiguer pour arriver à une conclusion claire. »

Abus et dérives sectaires : une pétition pour agir

Depuis l’invitation du pape François « au Peuple de Dieu », les langues commencent à se délier au sein même de l’Église pour dénoncer le cléricalisme et ses dérives.

Ainsi, dans sa lettre du 20 août 2018, le pape invite expressément chacun et chacune :

« …chaque baptisé (doit) se sentir engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. […]

Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui « annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple. » Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme [3]. »

Dans un article fort instructif retraçant l’histoire du cléricalisme catholique, que je vous invite à lire attentivement, Jacques Musset résume parfaitement notre propos en ces termes : « Commençons d’abord par une brève définition du cléricalisme en général, car le cléricalisme n’est pas le monopole du catholicisme. Le mot désigne la manière autoritaire dont le clergé d’une religion convaincu de détenir la Vérité par mandat divin prétend imposer sa doctrine et sa loi aux fidèles de cette religion et même au-delà. On en trouve de nos jours une illustration hors christianisme en Iran où non seulement l’Islam est religion d’État, mais où le clergé chiite exerce un pouvoir tout puissant en matière de foi, de mœurs et de politique, les résistants risquant la prison voire la mort.

Le cléricalisme catholique, lui, se manifeste par la manière dont les responsables de l’Église (pape, évêques et prêtres) et par extension certains groupes catholiques traditionalistes, tendent à imposer autoritairement la doctrine et la morale catholique officielle à l’intérieur de l’Église et aussi dans la société civile. Ces autorités catholiques sont en effet persuadées que l’Église catholique est dépositaire de la Vérité divine dont les autres Églises et traditions religieuses ne possèdent que des fragments, et en conséquence elles se croient mandataires du Christ et de Dieu pour diriger l’Église, conserver et interpréter la révélation divine transmise par le Christ et inspirer la conduite des affaires publiques dans le sens des principes catholiques. Tel est ce qu’on peut appeler le cléricalisme catholique [4]. »

C’est dans le contexte prérappelé que souhaite s’inscrire la présente démarche. De quoi s’agit-il au juste ? Par le biais d’une pétition en ligne sur « Change.org [5] », il s’agit prioritairement de dénoncer les abus commis dans et par certaines communautés et mouvements d’église et, de manière plus spécifique, au sein de la Légion du Christ, de l’Opus Dei et des Focolari.

Ces abus avaient encore été épinglés dans un livre paru en 2017 : « De l’emprise à la liberté [6] »  La parole, une fois n’est pas coutume, y est donnée à des personnes ayant été victimes de dérives sectaires dans les communautés et mouvements précités. Il importait également que ces témoignages soient analysés et interprétés par une diversité d’experts, étant en l’espèce : Dominique Auzenet, Prêtre, Exorciste (France), Vitalina Floris, Soeur, Ermite (Belgique), Vincent Hanssens, Psychosociologue, Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, Jean-Marie Hennaux, S.J., Professeur à la Faculté de Théologie des Jésuites de Bruxelles, Pascal Hubert, Avocat au barreau de Bruxelles, Damiano Modena, Assistant personnel de feu le Cardinal Carlo Maria Martini (Italie), Renata Patti (Italie), Miguel Perlado, Psychanalyste (Espagne), Monique Tiberghien, Psychothérapeute (Belgique) et Pierre Vignon, Juge ecclésiastique (France). Louis-Léon Christians, Professeur à l’Université catholique de Louvain, a préfacé l’ouvrage collectif.

Pierre Vignon, coauteur du livre « De l’emprise à la liberté. » et auteur de la pétition appelant à la démission du cardinal Barbarin [7], est également l’un des signataires de la présente pétition.

Pour vous faire une idée plus précise des dérives dénoncées et des (cinq) objectifs que soutient la pétition, je vous invite à vous rendre sur mon blog « Deviens ce que tu es. » (PINDARE) [8] (avec mises à jour régulières).

Si, vous aussi, vous êtes convaincus de la nécessité de passer aux actes, pour faire « changer les choses », venez signer la PÉTITION sur « Change.org » [9].

Au vu notamment du soutien qui lui sera réservé, d’autres actions pourraient suivre.

Pascal HUBERT, Golias News

http://golias-news.fr/article6783.html

 

Per firmare la petizione su Change.org contro il clericalismo e i suoi eccessi settari/For sign the petition against clericalism and abuse : PÉTITION

 

Autre article utile, de Pierre Vignon : Le déni comme système inconscient de défense

& Plus jamais ça !

de Pierre Vignon, date de sortie le 02 janvier 2019

PLUS-JAMAIS-CA

 

RÉSUMÉ

Alors que le procès du cardinal Barbarin, poursuivi pour avoir couvert un prêtre pédophile, doit se tenir en février 2019, l’auteur dénonce le silence et l’hypocrisie de l’Eglise de France face au scandale des religieux pédophiles.

 

 

 

 

Pour toute autre suggestion, n’hésitez pas à m’écrire : hubert.pascal333@gmail.com

 

NOTES :

[1] Yves Hamant, Xavier Léger, Aymeri Suarez-Pazos, Appel de Lourdes 2013 : nous avons été entendus !, http://www.lenversdudecor.org/Appel-de-Lourdes-2013-nous-avons-ete-entendus.html. Voy. également : Golias Hebdo, n° 312, 21 au 27 novembre 2013.

[2] Olivier Legendre, Confessions d’un Cardinal, J.-C. Lattès, 2010, p. 266.

[3] http://urlz.fr/7DmH

[4] Jacques Musset, « Lutter contre le cléricalisme catholique », Protestants dans la ville, octobre 2018, http://urlz.fr/83dq

[5] À l’adresse http://urlz.fr/81n9

[6] Sous la direction de Vincent HANSSENS, « De l’emprise à la liberté. Dérives sectaires au sein de l’Église. Témoignages et réflexions », éditions Mols, 2017.

[7] « Appel d’un prêtre au cardinal Barbarin », Change.org,  http://urlz.fr/81mC

[8] À l’adresse suivante : http://urlz.fr/83dk

[9] http://urlz.fr/81n9

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