(Appel à) Témoignages de victimes de dérives sectaires au sein de l’Église

TÉMOIGNAGES DE VICTIMES DE DÉRIVES SECTAIRES AU SEIN DE L’ÉGLISE

 

                                                          « À partir du moment où la victime fait exploser sa prison,                                                     la vie devient très difficile pour les prédateurs.
Ce qui est en train de se passer sous nos yeux doit se faire dans toute la société. » 

« Suite à la lettre du Pape François au Peuple de Dieu que je reçois dans son entier, il me paraît évident que l’heure est venue de passer aux actes. »

Pierre Vignon, prêtre et Juge ecclésiastique

 

Les dérives sectaires ne sont pas des abstractions. Elles s’inscrivent durablement dans la chair de celles et ceux qui les ont subies un jour…

 

=> Pour signer la pétition sur Change.org contre le cléricalisme et ses dérives sectaires http://urlz.fr/81n9 – Tous les détails sur mon blog : http://urlz.fr/83dk

Per firmare la petizione su Change.org contro il clericalismo e i suoi eccessi settarihttp://urlz.fr/81n9 – Tutti i dettagli sul mio blog : http://urlz.fr/83dk

 

C’est un fait récurrent d’une extrême gravité : la plupart des ex-adeptes sont, quand ils sortent d’une secte ou d’un mouvement à dérive sectaire (de leur volonté, de celle de leurs proches ou suite à une exclusion), par leur état de victime (stress post-traumatique), dans un état de sidération. Cet état est en lien direct avec la dépendance et la soumission dans lesquelles ils se trouvaient préalablement [1].

Dérives sectaires au sein de l’Église catholique

 Aussi étonnant que cela puisse paraître de prime abord, l’Église catholique romaine connaît en son sein des dérives sectaires. Leur gravité et leur ampleur ont été révélées en 2013 au travers des médias français. Pour mémoire, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, avait alors répondu officiellement à une quarantaine de victimes d’abus sexuels et spirituels mettant alors en cause quatorze communautés, mouvements d’église et congrégations religieuses [2].

 Quels sont les critères qui, le cas échéant, permettent de déceler l’existence d’une dérive sectaire au sein d’un mouvement ou communauté d’Église [3] ?

 Rappelons que les indices de dérives sectaires souvent répertoriés sont : idolâtrie à l’égard du fondateur ou de la fondatrice, autoritarisme totalitaire, obéissance aveugle aux supérieurs, dépersonnalisation, perte d’identité et d’autonomie essentielle, embrigadement, harcèlement, prosélytisme, rapport à l’argent, abus moraux, abus sexuels.

 Rappelons également que les témoignages recensés dans le cadre du présent travail concernent plus spécifiquement trois mouvements d’Église, à savoir : les Focolari, les Légionnaires du Christ et l’Opus Dei.

 Si chaque mouvement a évidemment sa spécificité, nous verrons qu’il n’en ressort pas moins de l’analyse des témoignages une série de convergences qui tendent à démontrer l’existence de dérives sectaires, au sens défini ci-avant.

 Il importe encore de relever le fait que ces témoignages ne sont pas isolés, mais s’insèrent au contraire dans une réalité plus large, dont les associations, médias ou certains ouvrages se sont fait l’écho depuis plusieurs années déjà.

 Ainsi, voyez les nombreuses références citées en notes infrapaginales pour :

  • La Légion du Christ et Regnum Christi [4]
  • Mouvement des Focolari [5]
  • Opus Dei [6]

Venons-en maintenant aux témoignages de personnes ayant quitté leur mouvement suite à certaines dérives sectaires.

 Illustration de dérives sectaires : l’éloquence des témoignages

 Ce qui frappe d’emblée à la lecture des témoignages recueillis, c’est le renoncement à sa propre personnalité, vécu pour le « bien » de la communauté et comme signe de sainteté personnel. L’obéissance, sans possibilité de dialogue et au mépris parfois de sa santé, est censée être l’idéal du membre.

 Peu à peu, le membre rompt avec son entourage et ses habitudes. Il en vient à perdre son autonomie, sa liberté de pensée et de conscience (pas ou peu de place pour le débat et la réflexion critique), persuadé qu’en étant fidèle à sa communauté, il est fidèle à Dieu et, dès lors, à sa vocation. Et s’il vient à tomber malade ou traverser une grande souffrance psychique, c’est en raison de ses propres manquements à « l’Idéal » ou d’une purification divine. Il en découle un grand sentiment de solitude et de culpabilité.

 Bref, le système est souvent décrit comme totalitaire, structurellement mauvais. L’on comprend aisément qu’une structure aussi rigide modifie en profondeur, et durablement, l’état de conscience de la personne et la rende particulièrement vulnérable.

 Le membre se sentira parfois d’autant plus coupable, et perdu, que l’Église-institution a reconnu le charisme et les fruits de sa communauté.

 Dans pareil contexte, quitter la communauté, c’est avoir le courage de fuir une emprise mentale devenue insoutenable. Dans le même temps, c’est souvent être rejeté par sa communauté et, pensent-ils parfois, être promis à l’enfer.

 L’on retrouve ainsi au sein des différentes communautés examinées, à des degrés divers et selon les cas, des similitudes frappantes de dérives sectaires, étant notamment : l’idolâtrie à l’égard du fondateur ou de la fondatrice, l’autoritarisme totalitaire, l’obéissance aveugle aux supérieurs, la dépersonnalisation, la perte d’identité et d’autonomie essentielle, l’embrigadement, le harcèlement, la délation entre membres, un emploi du temps empêchant toute pensée critique, le prosélytisme, un rapport malsain à l’argent, des abus moraux ou sexuels, parfois des menaces verbales ou physiques à l’encontre des membres qui veulent partir.

 Ainsi que le relève par exemple Madame Géraldine, ex-focolarine, les dérives sectaires s’illustrent par une « idolâtrie à l’égard de la fondatrice, l’éloignement obligatoire de la famille et des amis, l’obligation de couper tous les liens antérieurs à l’entrée ou quand on changeait de lieu. L’importance donnée à l’argent qui est investi dans des bâtiments grandioses et très rarement partagé avec les plus pauvres, même pas avec les pauvres qui sont membres du mouvement. L’importance donnée à l’organisation de manifestations de masse avec invitations de personnalités politiques et autres. La mise en œuvre du charisme au quotidien est vécue comme pathogène ». On en vient à « effacer sa vraie personnalité pour la remplacer par une personnalité artificielle ».

 Bernardine et Mireille [7], ex-focolarines également, décrivent très bien comment la rupture avec le monde extérieur et l’unité exigée entre les membres entraînent une perte d’estime de soi et la construction d’une « pseudo-identité ».

 Pour sa part, Gilbert [8] ne mâche pas ses mots à l’égard des Focolari : « Au sein du Mouvement des Focolari, la spiritualité était la ‘spiritualité de l’unité’ : cela voulait dire en pratique une obéissance aveugle à la hiérarchie du Mouvement et une perte de sa personnalité et de son identité. C’était une spiritualité ‘totalitaire’. »

 Yvan [9] parle de l’idéologie de la Légion, plus que de sa spiritualité. Se référant à un ouvrage récent de Xavier Léger, il cite :

  « [I]l y a beaucoup de choses qui mis bout à bout rendaient la vie tout simplement insupportable : le manque de sommeil, l’accumulation sans fin d’actes de piété, la lecture des lettres lénifiantes du fondateur, la séparation radicale d’avec le monde, le fait de ne jamais avoir un temps pour penser hors du cadre ou pour souffler un peu, les humiliations parfois très violentes de quelques supérieurs acariâtres… Mais je crois que cela [lire : ce] qui m’a fait le plus souffrir, c’est encore les systèmes d’autosuggestion nous obligeant à admettre que tout cela était la ‘volonté de Dieu’ ».

Il cite toujours, à raison, me semble-t-il :

  « [I]l y a des degrés et des différences sensibles d’une communauté déviante à l’autre. Cependant, on retrouve un substrat commun : la manipulation mentale. Celle-ci se concrétise finalement par des procédés qui sont sinon identiques, au moins similaires : vénération des supérieurs, séparation du monde, manichéisme, paranoïa, rythme de vie démentiel, prières auto-suggestives, délation interne, abus sexuels, fanatisme, etc.          Ce qui me semble très important à préciser, c’est que le phénomène d’emprise est un mécanisme terrible précisément parce qu’il est invisible : il conduit les victimes à se détruire PAR ELLES-MÊMES, sans laisser de traces. En d’autres termes : c’est le crime parfait ! »

Il cite encore :

  « [L]’archive Légionarios de Cristo montre que toute l’histoire de la Congrégation n’est que mensonges, manipulations, vol, escroquerie, doubles discours. […] Être légionnaire, c’est avoir appris depuis son entrée dans la congrégation à manipuler les gens, à séduire les autorités ecclésiastiques et les bienfaiteurs, à vanter une religion de façade. »

 C’est dire combien la structure du mouvement elle-même est pervertie.

 Dernière communauté : l’Opus Dei. À son égard, Bernard [10], ex-numéraire, n’y va pas par quatre chemins :

  « La fraude de l’Opus Dei consiste au fait de déclarer une chose tout en faisant son exact contraire. Les enseignements sont conforment [sic] à la doctrine de l’Église catholique, tandis que la pratique de l’institution viole non seulement le droit canon, mais aussi les régulations fiscales et le droit du travail. […] en fait de spiritualité, l’Opus Dei n’en propose aucune. Elle impose une série de pratiques de piété, appelées ‘plan de vie’ […] Ce plan de vie est obligatoire et imposé à tous. C’est à lui que se résume le charisme fondateur de l’institution, c’est LA voie vers la sainteté dans l’Opus Dei. En lieu de spiritualité, l’Opus Dei propose une recherche de la perfection à force de volontarisme, d’exercice de vertus humaines, de discipline dans le travail, d’obéissance aveugle à ses supérieurs…»

 La conséquence de tout cela, qui a amené Bernard à quitter l’Opus Dei, fut « un épuisement psychique à force de surmenage, de volontarisme, de l’inexistence de repos. J’en étais arrivé au point de ne plus pouvoir me concentrer, de ne plus pouvoir travailler et d’avoir des pensées suicidaires »

 Il parle encore d’une « vision matérialiste et productiviste de la prière et de la mortification – plus nous récitons de prières et plus nous offrirons de mortifications, mieux Dieu nous exaucera ». Et de citer, parmi les dérives sectaires (les « briques ») : « […] l’isolement humain et intellectuel des membres, leur infantilisation, leur manipulation au nom de l’obéissance ‘chrétienne’ et d’un prétendu ‘sacrifice personnel’, le contrôle qui est exercé non seulement sur leur activité extérieure, mais aussi sur leurs pensées et sur leurs émotions. »

 Autre témoignage d’une ex-surnuméraire, Valérie [11]. Elle expose que la spiritualité de l’Opus Dei consiste à « [d]evenir saint dans le monde ordinaire ». Il s’agit d’un « [a]ppel à la sanctification », de « [f]aire toute chose à la perfection pour s’approcher au plus près de la sainteté ». La prière au sein de la congrégation a été vécue comme quelque chose d’ « obligatoire, militaire, sans sentiment, aucun ‘amour’. Relation d’obligation avec Dieu, aucun élément personnel ». Il s’agit de porter sa croix, sans se plaindre, « sous peine de corrections fraternelles très dures ».

 Les dérives sectaires ont trait à l’ « [i]interdiction de se confesser à un prêtre autre qu’un prêtre de l’opus ; impossibilité de choisir son directeur spirituel : celui-ci vous est imposé et est bien évidemment de l’opus. Impossibilité de se faire des amis : l’amitié (qui d’ailleurs n’en est pas) est supervisée par l’opus, qui nous dit avec qui être ami. Obligation de donner de l’argent, quelque soient les difficultés ». Le fondateur, « Mgr escriva de balaguer état une fin manipulatrice et avait un désir de pouvoir ». Quant au rapport à la hiérarchie, il consiste en « [u]ne obéissance bête et aveugle. Une vénération du fondateur limite hystérique. Une infantilisation ». Et, « […] tout ce qui n’était pas opus dei état considéré comme mauvais ! »

 Pour survivre, elle est passée par ce qu’il est convenu d’appeler le « dédoublement de la personnalité ». Certaines situations douloureuses, telle la dépression, ne pouvaient pas exister « car nous avions la foi, donc aucune dépression possible ! Au sein de l’opus, on cache tout ce qui peut faire tache : le suicide, les enfants qui se droguent, les filles qui tombent enceintes hors mariage, les disputes conjugales… L’opus se veut parfaite, c’est la perfection incarnée alors on cache ce qui pourrait donner une mauvaise image ».

 Pour conclure, elle indique ne toujours pas comprendre « comment l’opus dei s’y prend pour manipuler ses membres, et leur faire accepter tout et n’importe quoi. Je ne comprends pas comment l’Église peut rester aussi aveugle et muette, et laisser ces choses se faire avec sa bénédiction de surcroît ! ».

Enfin, le témoignage éloquent d’Irène, membre surnuméraire de l’Opus Dei, durant 29 ans. Comme pour d’autres témoins rencontrés, la réalité qui fait souffrir dans l’engagement personnel est souvent la même, à savoir :

  « La pression psychologique. Trop de normes de piété à accomplir chaque jour, ce qui produit du stress et de la culpabilité. La peur de ne pas  y arriver était  très présente, surtout dans mes jeunes années. On nous explique de long en large que c’est notre responsabilité de tout faire pour bien vivre notre « vocation » à l’OD. Que nous avons la grâce pour cela. »

 Quitter la communauté, c’est souvent ne plus avoir de contacts possibles avec ceux qui y sont restés. Ainsi, la directrice générale pour les femmes lui a « interdit de venir dorénavant dans les centres de l’OD, y compris pour des récollections mensuelles en silence, pourtant ouvertes à tout le monde ». Elle risquait « de troubler certaines qui sont ‘un petit peu plus fragiles’ ». Il est également question de « plan de vie », extrêmement astreignant et laissant peu de liberté personnelle.

 Concernant les exemples les plus choquants de dérive sectaire, le témoin épingle le fait que la vie au sein de l’Opus Dei est rythmée par une « main mise sur la conscience personnelle » et « ici, la Prélature et chacun à son échelon, met  tout en œuvre afin de garder ses fidèles sous son influence étroite ». Et encore : « Les sciences humaines n’ont pas encore pénétré dans leurs cénacles, ils font ‘du pur spirituel’ ! On aimerait par exemple, que la déontologie qui gouverne la Relation d’Aide à autrui soit d’application ici. »

 Et de conclure :

  « La fonction « maternelle » de l’Opus Dei se fait sentir dans la pratique des entretiens spirituels  et dans la fraternité, tandis que la fonction «  paternelle » est perceptible dans l’appel à l’apostolat, dans l’exigence du respect de la Loi divine (laquelle est enrichie de préceptes que l’Église ne demande nulle part aux fidèles laïcs de faire), dans l’insistance sur la grandeur de la vocation de surnuméraire, etc. Les époux ainsi formatés, chacun de leur côté avec leur directeur personnel  sont empêchés de découvrir où Dieu les attend car La Prélature leur fournit  une mission standard, ‘one size’, à savoir : travailler pour ses  buts  à elle, en  exigeant  tout, tout, tout. »

*

 Le mot le plus souvent revenu sous la plume des témoins, tous mouvements confondus, est : manipulation mentale.

 Nous avons vu qu’il est exigé de chaque membre une obéissance aveugle. Les membres n’ont pas le droit d’exprimer leur souffrance – qui remettrait en cause leur communauté d’appartenance -, ni d’opposer leur liberté de conscience. Ce qui conduit, bien souvent, à un dédoublement de la personnalité.

 En réalité, est directement en cause la structure pervertie – totalitaire – du mouvement, ainsi que la personnalité pathologique de son fondateur.

 En effet, chaque communauté prétend faire partie de la Révélation, à l’exclusion des autres qui plus est, et chaque fondateur prétend avoir reçu une illumination divine. Ainsi, chaque communauté s’est construite sur la « légende dorée » de son fondateur, et avec l’assentiment de l’Église.

 À cela, il importe encore d’ajouter que, si les communautés citées sont officiellement régies par des statuts approuvés par le Vatican, la vie quotidienne de leurs membres est régie par des règlements internes et secrets qui sont souvent en contradiction avec lesdits statuts et qui laissent ainsi une place incontrôlée à toutes les dérives possibles.

 Ceux qui ont quitté leur communauté, souvent après de très longues années, ont redécouvert cette liberté intérieure qui leur avait été confisquée.

Conclusion

 Peut-on inférer des témoignages répertoriés l’existence de délits au sens pénal et/ou la possibilité d’obtenir réparation au civil ?

 Il convient, préalablement, de rappeler qu’en droit français ou en droit belge il n’existe pas de délit autonome de « manipulation » ou de « déstabilisation mentale », mais uniquement le délit autonome d’ « abus de faiblesse ». Cela étant, la manipulation, l’emprise ou la déstabilisation mentale est, évidemment, au cœur de l’abus de faiblesse ou d’autres délits.

 Par ailleurs, s’il est indéniable qu’il existe des dérives sectaires au sein de l’Église, nous avons vu toutefois que toute dérive sectaire ne relève pas du droit pénal. Certaines dérives pourraient, selon les cas, et comme le soulignait déjà Monseigneur Vernette [12], dans un article paru en 2001 [13], être « plutôt assimilables aux dérives sectaires propres au militantisme religieux et à l’appartenance à un groupe confessant (exclusivisme, endoctrinement, élitisme, manichéisme, prosélytisme, tension avec la famille) ».

 Il faut en effet souligner un point fondamental et particulièrement délicat : la difficulté de départager ce qui relève uniquement de la dérive sectaire, de ce qui devient un délit provient essentiellement du fait que, la plupart du temps, les groupes croient bien faire, au nom de Dieu et, qui plus est, avec la bénédiction de l’Église.

 Ainsi, toute « dérive sectaire » n’est pas ipso facto constitutive d’un délit d’ « abus de faiblesse ».  Pour rappel, la victime doit rapporter la preuve matérielle de la sujétion psychologique ou physique et nous avons vu également que les éléments constitutifs de l’abus de faiblesse étaient énoncés strictement. Enfin, le délit ne sera consommé que si la personne ainsi réduite sous sujétion est conduite à un acte ou une abstention gravement préjudiciable à elle-même.

 En l’espèce, au vu notamment des témoignages cités – lesquels concordent parfaitement avec l’existence de dérives déjà dénoncées plus largement au sein des communautés visées -, il peut être raisonnablement soutenu qu’il existe bel et bien dans lesdites communautés des cas d’abus de faiblesses au sens de la loi pénale. En effet, les ex-membres font régulièrement état de rupture avec leur environnement, d’intimidations en tout genre, de mensonges et de manipulation mentale, de dédoublement de la personnalité, de dépression profonde, d’une santé rendue fragile, de conditionnement, d’absence de liberté de pensée, de délation entre eux, de double discours, d’un prosélytisme subi ou exigé de leur part, etc. Il s’agit incontestablement d’autant de situations préjudiciables à leur santé physique ou psychique, et ce du fait même du fonctionnement pathologique du mouvement, ou/et du fondateur, ou/et de certains responsables déviants.

 Cela étant, la preuve d’un abus de faiblesse étant souvent difficile à rapporter, il ne faut pas perdre de vue que, d’une part, d’autres incriminations pénales existent déjà pour punir efficacement l’abus des personnes vulnérables (ainsi, entre autres : l’escroquerie, les blessures volontaires ou involontaires, la non-assistance à personne en danger, les agressions sexuelles, l’incitation des mineurs à la débauche, le viol de la correspondance, les appels téléphoniques malveillants…) et que, d’autre part, des faits attentatoires à la personne et/ou à son patrimoine peuvent, indépendamment de leur caractère répréhensible sur le plan pénal, donner lieu à la responsabilité civile de son auteur.

Bref, les victimes de dérives sectaires ne sont pas sans droit et la présente contribution se devait de le rappeler.

Pascal HUBERT

Extrait du livre « De l’emprise à la liberté. Dérives sectaires au sein de l’Église. Témoignages et réflexions« , éditions Mols, 2017, chapitre 5, pp. 183 et s.

http://www.editions-mols.eu/publication.php?id_pub=173

version IT :

 

*

 C’est un fait, il faut que les choses changent dans l’Église. Les victimes ne doivent plus jamais avoir honte de ce qu’elles ont outrageusement subis. Abusées dans leur innocence, se sentant trahies, elles qui, pleines d’espérance, entendaient se donner généreusement. Reconnaître les dérives, les épreuves endurées, les trahisons subies est une nécessité vitale pour beaucoup. Alerter aussi l’Église, la société civile, les éventuels futurs adeptes. Pour éviter que de telles dérives ne se reproduisent, encore et encore. Si vous aussi, vous souhaitez apporter votre témoignage – anonymement ou non -, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur le blog ou, selon vos préférences, adressez-moi un email à deviens.ce.que.tu.es333@gmail.com 

 Enfin si, vous aussi, vous êtes convaincus que les choses doivent changer dans l’Église, venez soutenir la pétition actuellement en ligne sur Change.org (http://urlz.fr/81n9)

(Pierre Vignon, coauteur du livre « De l’emprise à la liberté. » et auteur de la pétition appelant à la démission du cardinal Barbarin, est également l’un des signataires de la présente pétition.)

 

« Un mensonge est comme un coyote mort : plus longtemps on le laisse sur place, plus il sent mauvais. »

Robert Pinkerton

*

 

Pour des éléments d’information sur des groupes, associations, œuvres, communautés, voyez le site internet très complet de Dominique AUZENET, prêtre :
http://pncds72.free.fr/300_03_elements_information.php

 

« À l’intérieur même de l’Église catholique (et des autres dénominations chrétiennes), il peut exister des situations difficiles, certaines cachées, d’autres publiques.

C’est ainsi que plusieurs communautés religieuses, à travers leur vie communautaire, ou la vie de leurs fondateurs (ou les deux à la fois), manifestent des dérives sectaires et des signes de manipulation. 

Certes, toutes les Communautés sans exception ont leur crise de croissance. Certaines sont plus graves que d’autres, et nécessitent des rectifications de trajectoires. La presse et des sites internets spécialisés s’en font l’écho régulièrement (les Légionnaires du Christ, l’Opus Dei, la Congrégation Saint Jean, la Communauté des Béatitudes, la Fraternité Marie Reine Immaculée de l’Univers, Points-Cœur, Pain de Vie, Bethléem, Focolari, Travailleuses missionnaires, Chemin Néocatéchuménal …). Il suffit d’être attentif et de faire les recherches afférentes. Et la liste n’est pas complète. »

Dominique AUZENET, prêtre (http://urlz.fr/84B2)

*

NOTES

[1] http://www.sos-sectes.org/ex-adeptes.htm.

[2] http://www.unadfi.org/L-eglise-de-France-reconnaît-des-dérives-sectaires-en-son-seinhttp://pncds72.free.fr/ 301_derives_eglise/301_13_gamaliel21_18.pdf ; http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Les-victimes-des-derives-sectaires-dans-l-Eglise-se-disent-enfin-entendues-2013-11-14-1060658.

[3] Voy. en particulier le chapitre 7 du présent ouvrage.

[4] Cf. « La légion du Christ : une secte au cœur de l’Église », radio RTL, septembre 2013, http://www.rtl.fr/actu/ societe-faits-divers/l-heure‑du‑crime‑mercredi‑18‑septembre‑la‑legion‑du‑christ‑une‑secte‑au‑coeur‑de‑l‑eglise 7771230817; voir encore « Légionnaires du Christ : Un scandale au Vatican », Canal Plus, Spécial investigation, 15 avril 2013, https://www.youtube.com/watch?v=gq0DI‑pWosk; nombreuses pages sur  http:// http://www.unadfi. org/-legionnaires-du-christ-; https://www.youtube.com/watch?v=4e01YSFSVik; « Des petits soldats contre l’a-vortement », Spécial investigation, 11 avril 2011, https://www.youtube.com/watch?v=4e01YSFSVik ; http://www .sos‑derive‑sectaire.fr/03%20ARCHIVES%202013/03%20ARCHIVES%202013%20L.htm#LEGION; Xavier Léger, avec Bernard Nicolas, Moi, ancien légionnaire du Christ. 7 ans dans une secte au cœur de l’Église, Flammarion, 2013.

[5] Cf. les pages fouillées sur http://pncds72.free.fr/319focolari.php.

[6] Cf. « Opus Dei : une secte au Vatican ? », RTBF, Au nom de la loi, 2003, http://www.sonuma.be/archive/opus-dei-une-secte-au-vatican; ou « Au cœur de l’Opus Dei », France Inter, septembre 2011,  http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=172177; nombreuses pages sur http://www.unadfi.org/-opus-dei, 100005-; http:// http://www.monde–diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/6667; http://opuslibros.org/; http://www.lenvers du decor. L’onorg/ Il-est-interdit-de-dire-numeraire-de-cette -secte-L-Opus-Dei.html

[7] Voir le livre de Monique Goudsmit : Bevrijd, éd. Calbona, 2009.

[8] Voir à ce sujet le livre L’armada du pape, de Gordon Urquhart. Il décrit les dérives sectaires au sein du Mouvement des Focolari, mais également du Chemin Néo-cathécuménal et de Communion et libération.

[9] Lire Xavier Léger (avec B. Nicolas), Moi, ancien légionnaire du Christ. 7 ans dans une secte au cœur de l’Église, Flammarion, 2013.

[10] Voir également le livre de Bruno Devos : La face cachée de l’Opus Dei, Presses de la Renaissance, 2009.

[11] Voir également le livre de Véronique Duborgel, Dans l’enfer de l’Opus Dei, J’ai lu, 2010.

[12] Pendant près de 30 ans il fut secrétaire national de l’épiscopat français pour l’étude des sectes et nouveaux mouvements religieux.

[13] Voy. Mgr Jean VERNETTE, « L’Église catholique et les sectes », SNOP, n° 1086 du 15 janvier 2001, (article disponible sur http://www.cef.fr/catho/endit/sectes/sectes.rtf).

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