Féminisme : entre tragédie et Tradition

Féminisme : entre tragédie et Tradition

Le mot « féministe » ne devrait pas exister. Il est de trop, comme toutes les injustices. Mais il faudra rester vigilant aussi longtemps que nécessaire. Sans doute jusqu’à la « fin des temps ». C’est que les discriminations à l’égard du sexe dit « faible » ne sont pas près de disparaître. Pourtant, je ne suis pas à la hauteur. Je ne l’admets ni par humilité ni par autoflagellation. C’est une réalité. J’ai longtemps considéré la femme comme devant être au service de l’homme. C’était inscrit dans mon inconscient, dans mes croyances, dans l’air du temps. La femme ne pouvait être libre et disposer d’elle-même comme bon lui semble. Égale à l’homme en théorie, certes, mais non en pratique. Une femme se doit d’être douce, dévouée et belle si possible. C’est ainsi depuis la nuit des temps, c’est naturel et immuable. Ce sont les hommes qui décident de la marche du monde. Et « Dieu » bien sûr, selon sa Volonté ! Les textes religieux sont unanimes sur ce point. L’humanité est déchue par la faute de la femme tentatrice. J’ai longtemps cru en ces superstitions. J’ai changé d’avis.

Pourquoi ?

Je ne pouvais plus endurer ces croyances sans vivre encore dans un profond mal-être. C’est en abandonnant la religion et ses « schèmes mentaux » que j’ai pu remettre en question ma manière de penser le monde et la femme en particulier. C’est en apprenant à penser par moi-même, dans une profonde solitude et au prix de grandes souffrances que je me suis libéré du joug de la « pensée unique ». Par authentique fidélité à soi, je trahissais ce en quoi j’avais toujours cru.  Comme le dit justement un proverbe arabe : « Il n’y a que ceux qui ont le pied sur la braise qui en ressentent la brûlure. »

Les monothéismes, une catastrophe pour la femme 

Comme le dénonce Houria Abdelouahed, psychanalyste franco-marocaine : « Toutes les religions monothéistes ont essayé de dompter le sexe féminin. Si l’on prend le christianisme, cela ne s’est pas passé du vivant de Jésus qui lavait les pieds de Marie-Madeleine la pécheresse, et qui était l’exemple de la tolérance même, mais voyez ce que les Pères de l’Église ont ensuite fait de la femme ! On retombe toujours sur les mêmes clichés, les mêmes règles. Le monothéisme a été une catastrophe pour la femme. » Quand j’y songe un instant, il est proprement effroyable de reléguer la moitié de l’humanité dans la servitude. C’est un scandale qui ne dit pas son nom – une oppression cachée et assumée par les hommes. Désormais conscient de cet intolérable « ordre naturel », je ne peux que souhaiter la femme libre, à l’égale de l’homme. Et je peste d’autant plus lorsque c’est la femme elle-même qui perpétue sa propre « servitude volontaire ». Au nom des dieux et des hommes, au nom de la Tradition.

Voyez vos sœurs de lutte !

Elles paient le prix fort de votre indolence. Elles seules vivent dans leur chair le prix de l’authentique liberté. Celle que vous refusez de défendre. Après d’innombrables lectures et un retour sur soi, je ne peux concevoir qu’un féminisme universel, qui ne dépende ni du lieu ni de l’époque de la naissance. Il est des valeurs humaines qui transcendent les cultures et les croyances particulières. Pour le dire autrement : l’humanité s’est construite sur le modèle de la domination patriarcale. Et la religion est le fait de l’homme. Un puissant vecteur de soumission. C’est une réalité : face à leur condition de perpétuelles servantes, les femmes doivent se rebeller. De cela, les hommes et les religions ne veulent évidemment pas…

Je n’étais pas féministe, je le deviens

La féministe américaine Letty Cottin Pogrebin l’exprime sans détour : « Quand les hommes sont opprimés, c’est une tragédie, quand les femmes sont opprimées, c’est la tradition. » Mais, bon sang, qu’y a-t-il de si dangereux chez la femme qu’il faille sans cesse la bâillonner ? Le simple fait d’être femme fait d’elle la coupable idéale… L’homme aurait-il peur du sexe dit pourtant « faible » ? Elle naît femme, je nais homme. À égalité. Rien d’autre à laisser croire.

Et c’est là une réalité qui ne cesse de m’étonner : plus mes certitudes s’effondrent, et plus la femme m’enrichit. Pour reprendre les mots de Fatiha Agag-Boudjahlat : « Je n’étais pas féministe, je le suis devenue. »

Pascal HUBERT, Golias Hebdo, n° 526

http://golias-editions.fr/

Féminisme : « Le grand détournement » vu par Fatiha Agag-Boudjahlat

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